SPORTIVA

Le sport au féminin

    0

    • 2017-10-16 00:00:00
    • VOLVO OCEAN RACE 17-18 : DEE CAFFARI EN FIGURE DE PROUE !
    • Voile
    • voir
    • VOILE. La 13e édition de la Volvo Ocean Race (ex Whitbread) s’élancera le 22 octobre depuis Alicante et terminera son périple autour du globe à La Haye, terme de la 11e étape de cette course en équipage et avec escales. Contrairement à l’édition précédente (2014-2015) pas d’équipage 100% féminin comme avec «SCA» barré à l’époque par Samantha Davies. Une femme sera pourtant aux premières loges : l’Anglaise Dee Caffari qui est la skipper de « Turn the Tide on Plastic » et l’on comptera quand même un total de 15 autres femmes dans l’aventure, disséminées dans les 7 bateaux engagés. Une seule Française sera de la partie : Marie Riou, membre de l’équipage de « Dongfeng ». Rencontre avec Dee Caffari, présentation de son équipage et d’une course hors norme. (Article de 5 200 signes en accès libre). Pour la Britannique Dee Cafffari, 36 ans, le tour du monde à la voile, c’est une routine. Elle est l’une des 7 skippeurs au départ de la Volvo Ocean Race 2017-2018. Cette course autour du monde en équipage, créée en 1973 (année de naissance de Caffari) sous le nom de Whitbread, est la plus grande épreuve de course au large en équipage et avec escales. Un qualificatif mérité cette année avec 11 escales à partir d’Alicante (sud de l’Espagne) d’où partiront les concurrents le 22 octobre. Le parcours, par les 3 caps (Bonne Espérance, Lewin et Horn) est de 45 000 milles sur environ 8 mois d’une chevauchée qui prendra fin en juin 2018 à La Haye (Hollande). L’épopée mettra les organismes, les esprits et les bateaux à rude épreuve. Mark Turner, éphémère mais décisif nouveau patron de l’épreuve (il a démissionné un mois avant le départ), a favorisé un retour aux sources avec de longues et sportives cavalcades dans les mers du sud. «Cela me plait, ces étapes dans les 40e !» a déclaré Dee Caffari. Si elle est la seule skipper elle est aussi la seule a avoir fait le tour du monde en solitaire d’est en ouest et d’ouest en est. Cette navigation, réalisée en 2006 après 178 jours de mer, est exceptionnelle. Peu de marins peuvent s’enorgueillir d’avoir accompli le tour du monde contre vents et courants dominants et donc aussi face aux vagues déferlantes. Une épreuve parfois dantesque qui vous forge forcément une sacrée personnalité. Jamais sans sa tasse de thé Pour cette solide anglaise, qui ne renonce jamais à sa tasse de thé de 16h quoiqu’il arrive, la VOR est un challenge connu. Elle partageait avec une autre grande navigatrice anglaise, Sam Davis, la responsabilité de l’équipe féminine SCA engagée dans la précédente course en 2014-15. Les océans, elle les connait donc comme sa poche, ayant trois tours du monde en solitaire à son actif. Le Global Challenge en 2004, son exploit de 2006 et un Vendée Globe, en 2008-09 qu’elle termina 6e après la Transat anglaise en solitaire, en juin 2008, sur Aviva, qu’elle boucla à la 8e place. Moins communicante que ne l’était Ellen McArthur, Dee Caffari a déjà montré sa capacité à mener une équipe de très haut niveau à bon port. C’est en effet le premier défi qu’un skippeur engagé dans la Volvo Ocean Race doit réussir. Dans des conditions météo hostiles, il faut un certain talent pour maintenir l’envie de se surpasser, de jouer collectif, de supporter le bruit, la fatigue, le froid, l’effort, l’odeur, l’humidité, l’inconfort, la promiscuité au sein d’une équipe de fortes personnalités. Car filles ou garçons, même s’ils sont jeunes, ont tous déjà fait leurs preuves. Encourager la féminisation Pour encourager la féminisation des équipages, l’organisation autorise différentes formules: 7 hommes, ou 7 hommes et 1 femme, ou bien 7 hommes et 2 femmes, ou encore 5 de chaque ou enfin 11 femmes. Dee Caffari a opté pour l’option 5 + 5. Descendante d’un capitaine au long cours maltais, elle a la mer dans le sang. Son expérience de cinq années de professeure des écoles au sortir de l’université doit aussi l’avoir aguerrie pour gérer les egos et les humeurs … Pas inutile durant plusieurs mois au grand large. Mais le virus de la voile l’a éloignée des bancs de classe et la ville de Cowes, la Mecque de ce sport sur l’île de Wight, est devenue son lieu de prédilection. Quelques années après ses premiers cours de voile, elle devient skipper d’un Formula 1 sailing puis manager de la flotte de Farr 65 sur l’île de Wight. Ce challenge nautique et entrepreneurial ne lui suffit pas. Elle partira donc autour du monde et démontrera très vite qu’elle a un mental d’acier. La défense des océans Le premier succès de Dee Caffari est d’avoir monté ce projet « Turn the Tide on Plastic » pour la défense des océans. Il fait partie du programme des Nations Unies en faveur de la planète et a reçu le soutien des fondations Mirpuri et Ocean Familly. Une cause pour laquelle se mobilisent volontiers les marins révoltés de croiser des bouteilles plastiques au milieu des océans. Un combat qui a aidé la Britannique à recruter de grands navigateurs comme le champion de France, et vainqueur de la Solitaire du Figaro 2017, Nicolas Lunven qui s’occupera de la navigation. L’Anglais Brian Thomson qui a plusieurs tour du monde en course à son actif (Trophée Jules Verne, Vendée Globe..) sera aussi de la partie. Chez les femmes de son équipage, la plus expérimentée est l’Australienne Liz Wardley qui part pour sa 3e Volvo en tant que boat captain. Depuis son expérience sur SCA en 2014-1205 elle a travaillé au chantier The Boatyard, de Lisbonne où sont inspectés, révisés, voire réparés tous les monocoques VOR 65 engagés dans la course afin de garantir une stricte monotypie. La tonalité anglosaxonne de l’équipage est complétée par l’Irlandaise Annalise Murphy, 27 ans, médaillée d’argent sur Laser radial à Rio. Elle va découvrir la régate sur gros bateau à l’inverse de la Néo-zélandaise Bianca Cook, 28 ans très aguerrie à la course au large. Mais Dee Caffari a aussi voulu une touche latine avec la championne du monde 2015 de 49er FX, l’Italienne Francesca Clapcich, 29 ans et la Suissesse Élodie Mettraux, une ancienne de SCA. Un challenge sportif relevé Les grandes étapes océanes telles Le Cap-Melbourne (6500 milles), Melbourne-Hong-Kong (6000 milles) ou Auckland-Itajai (7600 milles) relèvent d’un cran le challenge sportif de cette édition. Avec un tel parcours, l’expérience du grand sud de Dee Caffari sera un plus, même si ses concurrents, dont le Français Charles Caudrelier sur Dongfeng, connaissent aussi tous les mauvais tours que peuvent jouer les mers du sud. Au total, 16 femmes vont participer à cette édition de la VOR dont seulement une Française, Marie Riou, 36 ans, qui brille à l’international depuis plusieurs saisons en Nacra 17 aux côtés de Billy Besson. Bretonne, cette voileuse a navigué toute sa vie mais va découvrir le grand large à bord de Dongfeng. Les 7 équipes et leur skipper >AkzoNobel (Simeon Tienpont) >Dongfeng (Charles Caudrelier) >Mapfre (Xabi Fernandez) >Vestas (Charlie Enright) >Sun Hung Kai (David Witt) >Turn the Tide on Plastic (Dee Caffari) >Team Brunel (Bouwe Bekking) Les 11 étapes Alicante - Lisbonne Lisbonne - Le cap Le Cap - Melbourne Melbourne - Hong Kong Hong Kong - Guangzhou Guangzhou - Auckland Auckland - Itajai Itajai - Newport Newport - Cardiff Cardiff - Göteborg Göteborg - La Haye

ACTUALITES

Voile

VOLVO OCEAN RACE 17-18 : DEE CAFFARI EN FIGURE DE PROUE !

Texte : Patricia-M Colmant

VOILE. La 13e édition de la Volvo Ocean Race (ex Whitbread) s’élancera le 22 octobre depuis Alicante et terminera son périple autour du globe à La Haye, terme de la 11e étape de cette course en équipage et avec escales. Contrairement à l’édition précédente (2014-2015) pas d’équipage 100% féminin comme avec «SCA» barré à l’époque par Samantha Davies. Une femme sera pourtant aux premières loges : l’Anglaise Dee Caffari qui est la skipper de « Turn the Tide on Plastic » et l’on comptera quand même un total de 15 autres femmes dans l’aventure, disséminées dans les 7 bateaux engagés. Une seule Française sera de la partie : Marie Riou, membre de l’équipage de « Dongfeng ». Rencontre avec Dee Caffari, présentation de son équipage et d’une course hors norme. (Article de 5 200 signes en accès libre).

Pour la Britannique Dee Cafffari, 36 ans, le tour du monde à la voile, c’est une routine. Elle est l’une des 7 skippeurs au départ de la Volvo Ocean Race 2017-2018. Cette course autour du monde en équipage, créée en 1973 (année de naissance de Caffari) sous le nom de Whitbread, est la plus grande épreuve de course au large en équipage et avec escales. Un qualificatif mérité cette année avec 11 escales à partir d’Alicante (sud de l’Espagne) d’où partiront les concurrents le 22 octobre. Le parcours, par les 3 caps (Bonne Espérance, Lewin et Horn) est de 45 000 milles sur environ 8 mois d’une chevauchée qui prendra fin en juin 2018 à La Haye (Hollande). L’épopée mettra les organismes, les esprits et les bateaux à rude épreuve. Mark Turner, éphémère mais décisif nouveau patron de l’épreuve (il a démissionné un mois avant le départ), a favorisé un retour aux sources avec de longues et sportives cavalcades dans les mers du sud. «Cela me plait, ces étapes dans les 40e !» a déclaré Dee Caffari.

Si elle est la seule skipper elle est aussi la seule a avoir fait le tour du monde en solitaire d’est en ouest et d’ouest en est. Cette navigation, réalisée en 2006 après 178 jours de mer, est exceptionnelle. Peu de marins peuvent s’enorgueillir d’avoir accompli le tour du monde contre vents et courants dominants et donc aussi face aux vagues déferlantes. Une épreuve parfois dantesque qui vous forge forcément une sacrée personnalité.

Jamais sans sa tasse de thé

Pour cette solide anglaise, qui ne renonce jamais à sa tasse de thé de 16h quoiqu’il arrive, la VOR est un challenge connu. Elle partageait avec une autre grande navigatrice anglaise, Sam Davis, la responsabilité de l’équipe féminine SCA engagée dans la précédente course en 2014-15. Les océans, elle les connait donc comme sa poche, ayant trois tours du monde en solitaire à son actif. Le Global Challenge en 2004, son exploit de 2006 et un Vendée Globe, en 2008-09 qu’elle termina 6e après la Transat anglaise en solitaire, en juin 2008, sur Aviva, qu’elle boucla à la 8e place.

Moins communicante que ne l’était Ellen McArthur, Dee Caffari a déjà montré sa capacité à mener une équipe de très haut niveau à bon port. C’est en effet le premier défi qu’un skippeur engagé dans la Volvo Ocean Race doit réussir. Dans des conditions météo hostiles, il faut un certain talent pour maintenir l’envie de se surpasser, de jouer collectif, de supporter le bruit, la fatigue, le froid, l’effort, l’odeur, l’humidité, l’inconfort, la promiscuité au sein d’une équipe de fortes personnalités. Car filles ou garçons, même s’ils sont jeunes, ont tous déjà fait leurs preuves.

Encourager la féminisation

Pour encourager la féminisation des équipages, l’organisation autorise différentes formules: 7 hommes, ou 7 hommes et 1 femme, ou bien 7 hommes et 2 femmes, ou encore 5 de chaque ou enfin 11 femmes. Dee Caffari a opté pour l’option 5 + 5. Descendante d’un capitaine au long cours maltais, elle a la mer dans le sang. Son expérience de cinq années de professeure des écoles au sortir de l’université doit aussi l’avoir aguerrie pour gérer les egos et les humeurs … Pas inutile durant plusieurs mois au grand large.

Mais le virus de la voile l’a éloignée des bancs de classe et la ville de Cowes, la Mecque de ce sport sur l’île de Wight, est devenue son lieu de prédilection. Quelques années après ses premiers cours de voile, elle devient skipper d’un Formula 1 sailing puis manager de la flotte de Farr 65 sur l’île de Wight. Ce challenge nautique et entrepreneurial ne lui suffit pas. Elle partira donc autour du monde et démontrera très vite qu’elle a un mental d’acier.

La défense des océans

Le premier succès de Dee Caffari est d’avoir monté ce projet « Turn the Tide on Plastic » pour la défense des océans. Il fait partie du programme des Nations Unies en faveur de la planète et a reçu le soutien des fondations Mirpuri et Ocean Familly. Une cause pour laquelle se mobilisent volontiers les marins révoltés de croiser des bouteilles plastiques au milieu des océans. Un combat qui a aidé la Britannique à recruter de grands navigateurs comme le champion de France, et vainqueur de la Solitaire du Figaro 2017, Nicolas Lunven qui s’occupera de la navigation. L’Anglais Brian Thomson qui a plusieurs tour du monde en course à son actif (Trophée Jules Verne, Vendée Globe..) sera aussi de la partie.

Chez les femmes de son équipage, la plus expérimentée est l’Australienne Liz Wardley qui part pour sa 3e Volvo en tant que boat captain. Depuis son expérience sur SCA en 2014-1205 elle a travaillé au chantier The Boatyard, de Lisbonne où sont inspectés, révisés, voire réparés tous les monocoques VOR 65 engagés dans la course afin de garantir une stricte monotypie. La tonalité anglosaxonne de l’équipage est complétée par l’Irlandaise Annalise Murphy, 27 ans, médaillée d’argent sur Laser radial à Rio. Elle va découvrir la régate sur gros bateau à l’inverse de la Néo-zélandaise Bianca Cook, 28 ans très aguerrie à la course au large. Mais Dee Caffari a aussi voulu une touche latine avec la championne du monde 2015 de 49er FX, l’Italienne Francesca Clapcich, 29 ans et la Suissesse Élodie Mettraux, une ancienne de SCA.

Un challenge sportif relevé

Les grandes étapes océanes telles Le Cap-Melbourne (6500 milles), Melbourne-Hong-Kong (6000 milles) ou Auckland-Itajai (7600 milles) relèvent d’un cran le challenge sportif de cette édition. Avec un tel parcours, l’expérience du grand sud de Dee Caffari sera un plus, même si ses concurrents, dont le Français Charles Caudrelier sur Dongfeng, connaissent aussi tous les mauvais tours que peuvent jouer les mers du sud.

Au total, 16 femmes vont participer à cette édition de la VOR dont seulement une Française, Marie Riou, 36 ans, qui brille à l’international depuis plusieurs saisons en Nacra 17 aux côtés de Billy Besson. Bretonne, cette voileuse a navigué toute sa vie mais va découvrir le grand large à bord de Dongfeng.



Les 7 équipes et leur skipper

>AkzoNobel (Simeon Tienpont)
>Dongfeng (Charles Caudrelier)
>Mapfre (Xabi Fernandez)
>Vestas (Charlie Enright)
>Sun Hung Kai (David Witt)
>Turn the Tide on Plastic (Dee Caffari)
>Team Brunel (Bouwe Bekking)

Les 11 étapes

Alicante - Lisbonne
Lisbonne - Le cap
Le Cap - Melbourne
Melbourne - Hong Kong
Hong Kong - Guangzhou
Guangzhou - Auckland
Auckland - Itajai
Itajai - Newport
Newport - Cardiff
Cardiff - Göteborg
Göteborg - La Haye

ACTUS SIMILAIRES

Facebook Twitter