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Le sport au féminin

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    • 2012-10-15 00:00:00
    • «LES LOUVES», CHAPITRE I : OUVERTURE DE LA CHASSE
    • Handball
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    • Toute cette saison, Sportiva suit les aventures d’une équipe de handball basée à Paris, le Paris Université Club. Ce rendez-vous mensuel permettra de mettre en lumière le quotidien d’un groupe amateur, la passion qui anime ses responsables et ses joueuses, les aléas qui s’opposent au développement d’une petite structure pourtant historique dans la capitale. Bienvenue parmi les Louves.
      Samedi soir, non loin de la gare de Lyon au cœur de Paris, le Gymnase de Bercy. Sur le parquet, devant une cinquantaine d’observateurs, famille et joueuses mêlées, deux modestes équipes terminent une partie de handball. 33 à 3, score sans appel. Score hors normes pour après-midi classique dans une enceinte au parquet usé par les années, où s’enchaînent chaque week-end les matches, chez les femmes, chez les hommes, chez les filles ou les garçons. « Aux suivantes » pourrait-on entendre. A l’affiche, le Paris Handball reçoit le Paris Université Club. Bienvenue dans le championnat régional d’Île-de-France, le championnat plus de 15 ans dit « Excellence », le deuxième niveau en région parisienne, le sixième à l’échelon national. Bienvenue dans l’univers des Louves.
      De la prestigieuse section handball du PUC, il ne subsiste que des équipes égarées dans les différentes divisions inférieures de la pyramide nationale et locale. Peu ont en mémoire les années folles de la section féminine qui trônait haut dans la cour du handball hexagonal. Entre 1970 et 1981, le PUC a pourtant enlevé cinq couronnes nationales, et terminé quatre fois deuxième du championnat. Trente ans plus tard, après avoir raté le virage du professionnalisme, c’est à un niveau très amateur qu’évolue l’équipe fanion conduite par Bruno Moulin. L’instigateur des «Louves». Le chef de meute. Celui qui veut faire renaître le haut niveau au PUC, grand club formateur de la région parisienne avec ses quelque 400 licenciés.
      Un objectif, l'esprit de meute Le violet historique du PUC fait toujours office de peau sur les Louves. Surnom suggéré par Moulin, désigné avant la saison dernière à la tête de l’équipe, afin de rassembler les troupes autour d’un projet commun. « Derrière ces Louves, il y a toute une symbolique : l’esprit de meute, de solidarité, de cohésion, ce à quoi j’aspire en premier lieu pour éveiller ce club », liste l’entraîneur, par ailleurs conseiller technique fédéral à Paris. Homme à tout faire au PUC, cet Auvergnat d’origine ne manque pas d’ambition puisqu’il vise la promotion en fin de saison. Mais n’ignore pas le chemin à parcourir pour rendre possible un tel dessein. Les Louves, c’est une vision de la réussite. « Le projet, c’est d’aller au-delà du collectif qui joue simplement au handball, illustre-t-il. C’est d’essayer de créer des liens, de mettre en place des choses qui apparaissent naturelles pour moi, venant de province. Le handball est un sport basé sur la convivialité. A Paris, on ne trouve pas. C’est difficile. Les gens sont peu disponibles. Dès qu’on essaye d’organiser quelque chose, avec des bénévoles, on rencontre des problèmes. J’essaye de passer par ce biais, par les Louves, par ce projet, pour que les gens s’agrègent autour. »
      « Travailler le vivre ensemble » La cohésion. C’est de toute évidence ce qui a manqué aux Louves face au Paris Handball samedi. Un manque de communication, un esprit de corps au statut d’ébauche, un manque de conscience collective. Tout ce que Bruno Moulin encourage autour des entraînements et des matches. La recherche d’une simple communion derrière son projet. « Le souci, c’est qu’on manque de club house, d’un cadre solidaire, estime-t-il. Les filles essayent de se retrouver pour aller manger, de faire des trucs ensemble après une victoire. Après une défaite, c’est autre chose. Pour toutes les filles de province, c’est naturel. Mais pour les Parisiennes, ça ne l’est pas. C’est un problème typiquement parisien. En province, la question ne se pose pas parce qu’on fait un déplacement relativement loin. On est venus ensemble. Il faut donc repartir ensemble. Après chaque match, les filles prennent le métro et de dispersent. Je veux changer ça parce que ce ‘vivre ensemble’ me semble primordial. »
      Parce que la louve vit en communauté, parce qu’elle est un animal particulièrement sociable, Bruno Moulin s’atèle à s’ériger en chef de meute. Le patron qui chapeaute tous les problèmes du quotidien (équipement, matériel, entraînement, stratégie, financement), gère les égos, les retards, les absences, les excuses, sanctionne, encourage, félicite. A travers ce projet se mue la nature du sport dans sa plus pure expression. La quête de la performance, du dépassement, de l’esprit d’équipe pour un groupe d’étudiantes ou de salariées à souder, à motiver, à révéler, à sublimer. Pour ces jeunes filles, à peine plus de 20 ans de moyenne d’âge, la chasse est ouverte… Ch. L. Côté terrain… Après une première prestation difficile, le PUC a remporté un premier match. Une montée en régime interrompue ce week-end contre le Paris Handball. Une défaite qui porte le sceau de la déconcentration et du manque de cohésion. « Mes choix n’ont pas été payants, plaide coupable Bruno Moulin. J’ai voulu tenter un coup de poker. Il a raté. J’assume. On s’est complètement écroulé au niveau collectif. On a un syndrome depuis l’année dernière. J’ai revu l’équipe replonger dans ses travers. A la mi-temps, on menait de deux buts. On s’est complètement endormis en seconde période. »
      Résultats Journée 1 : Val d’Orge – PUC 32-11 Journée 2 : PUC – Morsang-Fleury-Savigny 26-14 Journée 3 : Paris Hanball – PUC 26-18
      Classement (après 3 journées) : 1. Palaiseau, 9 pts ; 2. Paris Sport Club, 8 pts ; 3. Antony, 7 pts ; 4. Morsang-Fleury-Savigny, 7 pts ; 5. Paris Handball, 7 pts ; 6. Val d’Orge, 6 pts ; 7. Soisy-Saint-Gratien, 5 pts ; 8. PUC, 5 pts ; 9. Le Chesnay, 3 pts ; 10. Issy-Paris, 3 pts. Dans notre prochain rendez-vous, Sportiva s'attachera à présenter les joueuses de cette équipe du PUC.

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«LES LOUVES», CHAPITRE I : OUVERTURE DE LA CHASSE

Texte et photo : Christophe Lemaire

Toute cette saison, Sportiva suit les aventures d’une équipe de handball basée à Paris, le Paris Université Club. Ce rendez-vous mensuel permettra de mettre en lumière le quotidien d’un groupe amateur, la passion qui anime ses responsables et ses joueuses, les aléas qui s’opposent au développement d’une petite structure pourtant historique dans la capitale. Bienvenue parmi les Louves.

Samedi soir, non loin de la gare de Lyon au cœur de Paris, le Gymnase de Bercy. Sur le parquet, devant une cinquantaine d’observateurs, famille et joueuses mêlées, deux modestes équipes terminent une partie de handball. 33 à 3, score sans appel. Score hors normes pour après-midi classique dans une enceinte au parquet usé par les années, où s’enchaînent chaque week-end les matches, chez les femmes, chez les hommes (...)

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