SPORTIVA

Le sport au féminin

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    • 2013-02-27 00:00:00
    • «LES LOUVES», CHAPITRE V - LE CHEF DE MEUTE
    • Handball
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    • Nouveau chapitre du feuilleton sur le club de handball du Paris Université Club, que Sportiva suit toute cette saison. Intitulée «Les Louves», cette série met en lumière le quotidien d’un groupe amateur, la passion qui anime ses responsables et ses joueuses, les aléas qui s’opposent au développement d’une petite structure pourtant historique dans la capitale. Rencontre dans ce cinquième épisode avec Pierrick Chatron-Michaud, président de la section handball du club omnisports. Président de la section handball du PUC depuis 2006, Pierrick Chatron-Michaud dirige l'un des clubs de hand comptant le plus de licenciés en France, environ 450 joueurs et joueuses. A 50 ans, ce directeur d'entreprise, qui a joué près de 20 ans au handball plus jeune, est toujours passionné. Il nous raconte sa perception du quotidien des Louves, évoque leur entraîneur Bruno Moulin et analyse la saison difficile des filles du PUC... Président d'un club comme le PUC Handball, c'est un job à plein temps ? Pas du tout. C'est du bénévolat pur. Mais cela représente beaucoup de boulot de gérer une section comme le PUC Handball. C’est beaucoup d’administratif. Nous nous répartissons les tâches avec le trésorier. Lui est beaucoup plus sur l’opérationnel et le terrain, moi je m’occupe davantage de représenter le PUC à la ligue parce qu’un club aussi important que le nôtre se doit de peser sur les décisions. En moyenne, je travaille entre 12 à 20 heures chaque semaine pour le club. Comment êtes-vous arrivé à sa tête ? C'est Bruno Moulin qui m'a sollicité pour prendre en main le club. J’ai moi-même un passé de joueur amateur. J’ai joué très longtemps au hand, une vingtaine d'années. Ça a été un vraie source de bonheur, de joie et d’apprentissage. Je me suis toujours dit que j’essaierai de redonner au hand un peu de ce qu’il m’a apporté. Le bénévolat au sein d’une association comme le PUC, c’est une bonne manière d’accomplir cet objectif. Si j’ai pu jouer et prendre du plaisir sur un terrain, c’est qu’il y avait des bénévoles autour pour faire tourner la machine. C’est à mon tour de reprendre le flambeau. « Nous cumulons les handicaps » Quelles sont les difficultés rencontrées par le PUC au quotidien ? La première chose, c'est que nous manquons cruellement de bénévoles. Ensuite, avec son grand nombre de licenciés, notre section cumule les handicaps. On s’est entraîné depuis le début de la saison sur onze sites différents, les équipes se voient très peu entre elles. La mayonnaise a donc beaucoup de mal à prendre à la différence de n’importe quel autre club de banlieue ou de province. Les sections sont dispatchées, les filles jouant plutôt à Didot, les garçons à Charpy. Il y a donc trop peu de rencontres entre les différentes équipes du PUC. Pour les Louves, quel est le principal problème ? Tout le projet autour de l’animation et la vie du club mise en place avant le début de la saison s’est délité progressivement, comme par le passé d’ailleurs. C’est très difficile de mobiliser du monde. À Paris, les gens sont très centrés sur eux-mêmes. L’attachement au club est plus léger qu’ailleurs. C’est un état de fait. On doit faire avec. Tout commence par avoir un lieu à nous. La vie sociale collective est très limitée. On a beaucoup de mal fidéliser les joueuses. Il y en a plusieurs très attachées au club, qui tentent de mettre en place certaines choses. Mais ça ne suit pas derrière. « Le modèle des Louves est très bon mais il s'est délité au fil de la saison » Échangez-vous régulièrement avec Bruno Moulin, l'entraîneur des Louves ? Oui. C’est quelqu’un d’extrêmement engagé pour son projet. Nous avons eu un échange téléphonique la semaine dernière. La spirale négative actuelle semble le rendre un peu las, parce que les résultats sportifs ne sont pas là. C’est compliqué parce que le club est descendu la saison dernière et qu’il est assez mal placé cette saison pour se maintenir. Ça marque, et c’est logique. Le projet de vie extra-sportif de Bruno aurait été évidemment mieux porté par une vague de victoires. Adhérez-vous totalement au projet des Louves ? Le modèle est très bon parce qu’il agrège beaucoup de valeurs qui sont propres au handball et propres au club. Ce qui est voulu est une chose, ce qui est réalisé en est une autre. De fait, je crois que nous sommes pour l’instant loin de ce qui a été imaginé. Et avec la mairie, qui pourrait résoudre bon nombre de vos problèmes ? Nos rapports sont bons. On a la chance d’avoir en Vincent Jarousseau, adjoint aux sports du 14e arrondissement, un ancien handballeur. Il connaît nos problématiques opérationnelles et soutient le projet autour de la section féminine. On aimerait toujours que les élus fassent plus pour nous. Après, ils doivent composer avec un nombre importants de clubs et de sections, avec un nombre limité de structures. L’idée serait que la Ville mette un gymnase à la seule disposition du PUC, ce qui permettrait d’établir un lieu de vie commun à toutes les équipes de hand du club. Il connaît ce besoin et travaille pour rendre cela réalisable. Les Louves sont actuellement avant-dernières du championnat. Quelles pourraient être les conséquences d'une nouvelle relégation ? Ce ne serait pas dramatique, juste décevant pour les joueuses et leur entraîneur. C’est décevant parce qu’on a toujours des ambitions en début de saison. Cela reste du sport. Si cela arrive, il faudra s’en servir pour rebâtir et repartir de l’avant. Propos recueillis par Christophe Lemaire

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«LES LOUVES», CHAPITRE V - LE CHEF DE MEUTE

Texte et photo : Christophe Lemaire

Nouveau chapitre du feuilleton sur le club de handball du Paris Université Club, que Sportiva suit toute cette saison. Intitulée «Les Louves», cette série met en lumière le quotidien d’un groupe amateur, la passion qui anime ses responsables et ses joueuses, les aléas qui s’opposent au développement d’une petite structure pourtant historique dans la capitale. Rencontre dans ce cinquième épisode avec Pierrick Chatron-Michaud, président de la section handball du club omnisports.

Président de la section handball du PUC depuis 2006, Pierrick Chatron-Michaud dirige l'un des clubs de hand comptant le plus de licenciés en France, environ 450 joueurs et joueuses. A 50 ans, ce directeur d'entreprise, qui a joué près de 20 ans au handball plus jeune, est toujours passionné. Il nous raconte sa perception du (...)

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