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Le sport au féminin

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    • 2012-03-26 00:00:00
    • FIN DE CYCLE À ST. MAUR
    • Escrime
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    • C’est une contreperformance presque majuscule que celle de l’équipe de France . 13èmes à St Maur, à l’occasion de la dixième et dernière étape de la Coupe du monde, les épéistes françaises n’iront pas à Londres. Reportage. Nulle n’est prophète en son pays. Et Laura Flesssel, pas plus qu’une autre. Dans son jardin de St Maur la capitaine de l’équipe de France avait le visage renfrogné hier matin. Il n’était même pas dix heures et l’affaire était déjà pliée. Elle n’avait rien pu faire pour partir avec Maureen Nisima, Sarah Daninthe et Hajnalka Kiraly aux JO. Elle a même précipité la chute de la maison France en laissant filer un avantage de 7 points devant les Etats-Unis. «Laura n’a pas su mettre la dernière touche» dira dépité Rudy Naejus, co-entraîneur national. Stéphane Riboud, son collègue d’infortune, mesuré et lucide, déroule l’incroyable scénario : «On a la maîtrise du match. On mène largement. Et Laura ne met pas la dernière touche. On ne peut rien lui reprocher. Elle a sauvé la situation tellement de fois ! Elle manque de lucidité face à Maya Lawrence dont le jeu n’est pas particulièrement sophistiqué. Je pense que cette génération va prendre des décisions... » Le constat est lâché. En privilégiant l’expérience et les titres l’encadrement a-t-il, lui aussi, été lucide ? La réponse est unanime chez les décideurs bleus. Eric Srecki, le DTN, explique : « La relève épée n’est pas prête. Le problème c’est avoir été dans l’obligation de jouer la qualification pour les JO sur une dernière date. Les points décisifs c’est depuis un an et demi qu’on aurait du les prendre.» Le Président de la fédération, Frédéric Pietruszka met aussi en avant la montée en puissance internationale de l’escrime. «Notre sport s’est universalisé et les qualifications deviennent plus dures» Il souligne aussi ce qui marque sans doute la fin d’une époque : «On n’échappera pas non plus à une remise en cause sur l’entraînement, le management en compétition. Mais ici, à St Maur, on est sur une défaillance individuelle. Et collective aussi: Flessel aujourd’hui (pour dimanche) et Nisima à Barcelone, c’est bien l’équipe, qui à travers ses éléments, n’a pas répondu.» Cette défait 44-45 devant les Etats-Unis a propulsé le clan français dans les matches de classement. La chine d’abord (défaite 34-45) puis la Suède (victoire 45-38) pour enfin finir contre Hongkong, gagner 42-40 et terminer la compétition en 13ème position. Nisima blessée au poignet, accompagne ses co-équipières, mais doit laisser Kiraly, Daninthe et Flessel se débrouiller sur ce dernier match. Les dernières 24 secondes seront même d’une rare intensité. Flessel y retrouve même de la voix «Garde ta distance. Attention c’est long 24 secondes ! » Mais Sarah Daninthe ne panique pas et domine les derniers assauts, violents et simplistes, de la tireuse asiatique pour permettre à l’équipe de France de finir sur une note digne. La suite ne sera que visages fermés et tristesse. La fin d’une époque, assurément. L’impression que ce loupé était inéluctable sera indirectement confirmé par le DTN lui-même : «Pour Bratislava (les 21 et 22 avril prochains) nous avons décidé que c’est Laura Flessel qui jouerait ce tournoi pour l’une des deux places nominatives en jeu. C’est la meilleure en termes de résultats et d’expérience sur ces derniers mois. » Médaillée de bronze samedi en individuel après avoir, entre autres, disposé de la numéro un mondial roumaine, Ana Branza, en 16ème de finale, Laura Flessel-Colovic s’en ira donc seule sauver la patrie. Encore capable d’un exploit. Pour masquer une dernière fois la forêt.

ACTUALITES

Escrime

FIN DE CYCLE À ST. MAUR

Texte: Jacques Cortie / Photo: Cédric Poulmaire

C’est une contreperformance presque majuscule que celle de l’équipe de France . 13èmes à St Maur, à l’occasion de la dixième et dernière étape de la Coupe du monde, les épéistes françaises n’iront pas à Londres. Reportage.

Nulle n’est prophète en son pays. Et Laura Flesssel, pas plus qu’une autre. Dans son jardin de St Maur la capitaine de l’équipe de France avait le visage renfrogné hier matin. Il n’était même pas dix heures et l’affaire était déjà pliée. Elle n’avait rien pu faire pour partir avec Maureen Nisima, Sarah Daninthe et Hajnalka Kiraly aux JO. Elle a même précipité la chute de la maison France en laissant filer un avantage de 7 points devant les Etats-Unis. «Laura n’a pas su mettre la dernière touche» dira dépité Rudy Naejus, co-entraîneur national. (...)

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