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Le sport au féminin

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    • 2013-08-13 00:00:00
    • PAROLES ET MUSIQUE D'UN DISQUE D'ARGENT
    • Athlétisme
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    • À Moscou, Mélina Robert-Michon a ouvert le compteur de l’équipe de France en décrochant la première médaille féminine tricolore dans un mondial d’athlétisme depuis Eunice Barber en 2005. Ça méritait bien de remettre le disque sur la platine pour se raconter. Bande-son… Texte : Fred Guston, envoyé spécial à Moscou (Russie). Un grand cri sous la pluie qui réussit à déchirer l’immensité du stade Loujniki de Moscou et ses près de 80 000 places, Mélina Robert-Michon vient d’expédier son disque à 66,28 mètres : un nouveau record de France onze ans après le précédent réussi en 2002 (65,78 mètres). Il est assorti d’une médaille d’argent derrière la Croate Sandra Perkovic, championne olympique à Londres et championne du monde en Russie avec un jet à 67,99 mètres. La Cubaine Yarelys Barrios est en bronze avec 64,96 mètres. Voilà donc comment la délégation française a décroché sa première médaille des Mondiaux de Moscou, grâce à sa capitaine. Dans les palmarès, la native de Voiron, dans l’Isère, succède, rayon lancers, à la spécialiste du marteau Manuela Montebrun, double médaillée de bronze en 2003 et en 2005 lors des Mondiaux de Paris et d'Helsinki. Un peu plus loin dans les annales du sport hexagonal, elle rejoint Micheline Ostermeyer et Jacqueline Mazeas, en or et en argent lors de l’épreuve du disque des JO de Londres en 1948. C’est aussi le premier podium tricolore issu des rangs féminins depuis l’argent de l'heptathlonienne Eunice Barber en 2005. Un héritage qui méritait bien que la sociétaire du Lyon Athlétisme, 34 ans, nous remette en musique son disque d’argent… DUO. «Je commence par faire 62,53 m au premier essai, puis 61,77m au deuxième. Et, là, je commence à descendre au classement. Il y a alors une petite révolte intérieure. Après mon essai réussi à 65 mètres (65, 13 mètres au 3e jet), les barrières se sont envolées. J’ai croisé les yeux de la Croate, j’ai vu qu’elle-même était surprise, étonnée par ma performance. Alors, je me suis dit qu’il fallait tout donner, pour ne rien regretter. J’avais eu des regrets après les Jeux de Londres et ma sixième place (1), je ne voulais pas en avoir cette fois. J’étais treizième au bilan mondial avant d’arriver à Moscou, mais je savais que je pouvais viser au dessus… » LA PLUIE FAIT DES CLAQUETTES. «En fait, pour moi, l’arrivée de la pluie sur le stade n’a rien changé. C’est comme si je ne l’avais pas vue ! C’est comme si j’avais été sûre d’avoir la médaille d’argent, j’avais l’impression de ne plus toucher terre… » LA MAL AIMEE. «Je répète toujours que les gens ne peuvent pas aimer le lancer du disque puisqu’ils n’en voient jamais. « En fait dans les lancers, on souffre d’être associé au stéréotype des lanceuses est-allemandes. C’est pour ça qu’il n’y a parfois pas d'entraîneur de lancers dans les clubs, alors qu'il y en a très souvent deux ou trois pour le sprint. Mais, pour moi qui aime laisser parler la vérité du terrain, je sais que pour donner la visibilité au disque, mais aussi aux lancers en général, la meilleure voie, c’est d’avoir des résultats. Alors, j’espère qu’on va nous tendre la main, que des jeunes s’y mettront. Il y a du potentiel chez les jeunes en France. Mais, j’espère aussi qu’ils n’attendront pas autant de temps que moi pour y arriver! » PAROLIER et PRODUCTEUR. «Cette médaille, beaucoup n’y croyaient pas. Beaucoup de monde rigolait derrière moi lorsque je parlais de faire un podium. Même ma mère me disait que je lui faisais peur… Mais, moi ça fait 15 ans que je l’attends cette médaille depuis mes premiers jeux à Sydney en 2000. Mes deux coaches (Serge Deble pour la technique et Jérôme Simian pour la préparation physique, NDLR) eux aussi savaient que c’était possible. Alors, après les JO de Londres malgré la déception de ne pas être montée sur le podium, je suis repartie, avec eux, pour faire mieux ! » DÉDICACE. «La naissance de ma fille, en 2009, m’a permis de souffler. Cette coupure m’a aidée à trouver de nouvelles ambitions. Sans elle, je serais sûrement usée. Il y avait bien sûr le risque de ne pas pouvoir revenir, mais ça a finalement été une parenthèse. Pour certaines, la maternité est un frein. Moi, ça m’a boosté à nouveau. En fait, l’arrivée d’Elyssa a joué un rôle d’aiguillon dans ma carrière sportive. Devenir mère m’a permis de repartir sur d’autres bases, d’être plus sereine» . F.G. (1) 6e , elle sera ensuite reclassée 5e suite au contrôle antidopage positif de la Russe Darya Pishchalnikova.

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PAROLES ET MUSIQUE D'UN DISQUE D'ARGENT

Texte: Fred Guston / Photo: KMSP / ASICS

À Moscou, Mélina Robert-Michon a ouvert le compteur de l’équipe de France en décrochant la première médaille féminine tricolore dans un mondial d’athlétisme depuis Eunice Barber en 2005. Ça méritait bien de remettre le disque sur la platine pour se raconter. Bande-son…

Texte : Fred Guston, envoyé spécial à Moscou (Russie).

Un grand cri sous la pluie qui réussit à déchirer l’immensité du stade Loujniki de Moscou et ses près de 80 000 places, Mélina Robert-Michon vient d’expédier son disque à 66,28 mètres : un nouveau record de France onze ans après le précédent réussi en 2002 (65,78 mètres). Il est assorti d’une médaille d’argent derrière la Croate Sandra Perkovic, championne olympique à Londres et championne du monde en Russie avec un jet à 67,99 mètres. La Cubaine (...)

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