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Le sport au féminin

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    • 2013-08-19 00:00:00
    • LES FEMMES EN POINTE (S)
    • Athlétisme
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    • Clap de fin à Moscou sur les Mondiaux d’athlé. Un constat : les athlètes féminines ont de l’avenir. Chez les Russes où elles sont majoritaires et font monter le total des médailles. En Afrique où les sprinteuses s’émancipent. En Colombie où Ibarguen joue les pionnières. Pendant ce temps là, en France, on attend la relève… Texte : Fred Guston à Moscou / Photo : IAAF À Moscou, une partie de la presse la jouait «viril », ce lundi 19 août au lendemain de la clôture des Mondiaux d’athlétisme. « Goodbye, America » titrait par exemple le quotidien Sovestsky Sport pour mieux mettre en valeur la victoire finale de la Russie au tableau des médailles devant les Etats-Unis, rival d’hier et d’aujourd’hui. Mais, la presse a beau rouler des mécaniques, ce succès acquis de haute lutte 20 ans après la dislocation de l’URSS doit beaucoup aux femmes avec 11 médailles féminines sur le total de 17 décrochées par la délégation russe. La poursuite en fait d’une tradition ouverte par le régime soviétique où les valeurs d’égalité entre hommes et femmes avaient été largement diffusées dans le sport. Russie : une sélection féminisée. France : des responsables désemparés À l’époque du rideau de fer, les délégations de l’Est présentaient souvent une plus forte représentation féminine lors des grandes compétitions mondiales. En 2013, c’est toujours le cas puisqu’elles étaient 70 femmes contre 52 hommes dans l’équipe russe. En France, la proportion était inverse avec 20 femmes et 31 hommes et surtout une seule médaille féminine sur un total de quatre : l’argent de Mélina Robert-Michon, 34 ans, au disque. Un podium qui met fin à huit ans d’une longue attente. Depuis 2005 en effet, aucune Française n’avait décroché de médailles durant un Mondial d’athlé. À l’époque, à Helsinki, la moisson avait été prolifique avec Christine Arron deux fois en bronze (100, 200 mètres), Eunice Barber en argent à l'heptathlon et bronze à la longueur). Sans oublier Manuela Montebrun en bronze au marteau. Une époque révolue et comme à chaque fin de championnat, la Fédération Française d’athlétisme promet de se colleter avec le dossier de l’athlé au féminin. Ghani Yalouz, le DTN annonce ainsi «une action forte à mener sur les pratiques féminines » sans donner de véritables détails. Et le président de la FFA, Bernard Amsalem parait un peu désemparé par la situation : «En minimes, nous avons des filles de qualité, mais elles disparaissent de notre sport quatre ou cinq ans après…» L’exemple de la Colombienne Ibargüen Au rayon explication réapparait également la difficile professionnalisation de l’athlé en France. Un facteur souvent plus compliqué à l’étranger et qui n’empêche pas, entre autres, la Colombienne Caterine Ibargüen de s’adjuger le titre au triple saut en battant la Russe Ekaterina Koneva. Emigrée à Puerto-Rico, entraînée par un Cubain, la vice-championne olympique se débrouille pour joindre les deux bouts parce que «dans mon pays, dit-elle, je n’ai pas l’impression qu’on aide les athlètes comme ils en ont besoin. Même si ça s’améliore… » Bref, aide-toi, le ciel t’aidera… Stella Akakpo, une Bleue déterminée Ce qui ne fut pas toujours le credo de la Française Stella Akakpo, 19 ans, championne d’Europe juniors du 100 mètres en 2013, longtemps réticente à engager, dans une pratique en club, sa pointe de vitesse révélée lors de cross scolaires. Auteure de la dernière ligne droite qui mena le relais 4 X 100 mètres tricolore à l’argent avant d’être déclassé pour un passage de témoin hors zone, la benjamine des Bleues à Moscou est à revoir. Surtout qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche. Active sur les réseaux sociaux, elle met les pieds dans le plat. Juste avant la finale du 100 mètres féminin, elle tweetait par exemple : «Juste un mot: LOL cette finale. Je ne dirai rien de plus». Allusion qu’elle regrettera ensuite envers la Bolt au féminin de ces Mondiaux, la Jamaïcaine Shelly-Ann Fraser-Pryce, dominatrice comme le roi Usain avec un triplé sur la piste du Stade Loujniki (100, 200 et 4 X 100 mètres). Suspendue six mois en 2010 pour un contrôle antidopage positif à un analgésique, Fraser-Pryce n’a en tout cas pas la parole facile sur le dopage. Interrogée après son titre sur la question du nombre de contrôles –ridicule- en Jamaïque, elle passa sèchement son tour : «Pour moi, la question devrait être adressée à un responsable de notre fédération ou aux responsables de la lutte contre le dopage dans notre pays. Merci». Blessing Okagbare, la Carl Lewis au féminin Heureusement, sa dauphine l’Ivoirienne Murielle Ahouré, en argent sur 100 et 200 mètres, a beaucoup plus la tchatche. Elevée Outre-Atlantique, elle se voit bien jouer les femmes en pointe pour aider les athlètes féminines du continent africain à ne plus se limiter aux épreuves de fond trustées par les Ethiopiennes et les Kenyanes –troisième titre par exemple à Moscou pour l’Ethiopienne Dibaba sur 10 000 mètres. Ahouré, protégée du président africain Ouattara qu’elle appelle «papa», plaide donc pour davantage «d’investissements et de constructions d’infrastructures pour le sport africain». Ce qui n’obligerait pas la Nigériane Blessing Okagbare, 24 ans, à s’exiler à l’Université d’El Paso au Texas. Seule athlète en lice sur trois épreuves individuelles à Moscou avec deux médailles à la clé (argent à la longueur et bronze sur 200 mètres), Okagbare est annoncée comme une « Carl Lewis » au féminin par son mentor John Smith, ex-coach de la Française Marie-José Pérec. Un rôle qu’elle prend déjà à cœur : «J’ai beau vivre aux Etats-Unis, je suis fière d’être Africaine, dit-elle. Et de mettre un peu plus les femmes africaines sur la carte du monde…» F.G.

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LES FEMMES EN POINTE (S)

Texte: Fred Guston / Photo: IAAF

Clap de fin à Moscou sur les Mondiaux d’athlé. Un constat : les athlètes féminines ont de l’avenir. Chez les Russes où elles sont majoritaires et font monter le total des médailles. En Afrique où les sprinteuses s’émancipent. En Colombie où Ibarguen joue les pionnières. Pendant ce temps là, en France, on attend la relève…

Texte : Fred Guston à Moscou / Photo : IAAF

À Moscou, une partie de la presse la jouait «viril », ce lundi 19 août au lendemain de la clôture des Mondiaux d’athlétisme. « Goodbye, America » titrait par exemple le quotidien Sovestsky Sport pour mieux mettre en valeur la victoire finale de la Russie au tableau des médailles devant les Etats-Unis, rival d’hier et d’aujourd’hui. Mais, la presse a beau rouler des mécaniques, ce succès acquis de haute lutte 20 ans (...)

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