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Le sport au féminin

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    • 2014-06-11 00:00:00
    • FORTUNES DIVERSES A STRASBOURG
    • Escrime
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    • L'escrime française ne roule pas sur l'or à domicile. Les épreuves individuelles achevées aux championnats d'Europe qui se tiennent cette semaine à Strasbourg (Bas-Rhin), un constat s'impose : la France s'appuie sur son homogénéité et non plus sur un leader, comme l'était autrefois Laura Flessel. Le danger, pour les délégations étrangères, peut donc venir de chaque pointe tricolore. La preuve avec les jolies révélations Marie-Florence Candassamy et Joséphine Jacques-André-Coquin, d'argent et de bronze à l'épée. Le fleuret et le sabre sont pour l'instant bredouilles. Partie remise pour les équipes ? Les déçues en appellent à leur esprit de revanche. Reportage à Strasbourg. (5449 signes) Article de 5400 signes. Accessible aux seul-e-s abonné-e-s. Voir les tarifs et les procédures d’abonnement sur l'espace dédié d’accès libre. Des sourires, des larmes et de la frustration. La Rhénus Sport de Strasbourg et sa touffeur ambiante ont abrité des fortunes bien diverses pour l'escrime française depuis dimanche. Épée, sabre puis fleuret. À la lumière des résultats observés ces deux dernières années, le doute n'était guère permis. Il fallait patienter jusqu'à mercredi pour employer la plus belle cartouche, le fleuret féminin. Étendard d'une escrime féminine en mal de stars, en mal de résultats tout court, dans les grands championnats, le fleuret, vice-champion du monde par équipes, devait permettre, dans le pire des cas, de sauver le bilan individuel, à la force de ses nombreux podiums individuels récoltés en Coupe du monde et en Grand Prix depuis 2012. C'était sans compter sur les épéistes, divines surprises d'une première journée à marquer d'une pierre blanche pour le groupe de l'entraîneur national Rudy Naejus. Candassamy et Jacques-André-Coquin, le podium inattendu «Fratelli d'Italia» a beau résonné dans la halle alsacienne pour honorer la victoire de Bianca del Carretto, la médaille d'argent de Marie-Florence Candassamy (23 ans) a presque la saveur d'une Marseillaise. Du haut de sa longue silhouette toisant 1,85 m, la Parisienne affiche un sourire discret, timide même, et une bouille presque surprise de répondre aux questions que l'on adresse à une surprenante vice-championne d'Europe. «Je repense à ma demi-finale, c'était magnifique, assure la droitière au palmarès encore vierge la semaine passée, en dehors d'une 3e place en Coupe du monde en Chine fin mai. Tout ce que je faisais rentrait bien. J'étais libérée. J'avais envie de m'amuser.» Avant même d'aborder une finale, sans l'emprise du stress. Imperturbable, pas impressionnée par le soutien du public français, l'auxiliaire puéricultrice a gravi une à une les marches. À la plus grande joie de son entraîneur national, Rudy Naejus, tout content de doubler son bonheur grâce à Joséphine Jacques-André-Coquin, 3e à 23 ans : «On m'aurait dit ça en début d'année, je signais tout de suite. Cela reflète la bonne tenue des filles en fin de saison, après un recadrage. J'ai un groupe jeune, capable de crever l'abcès quand c'est nécessaire.» Avec Auriane Mallo (20 ans) et Lauren Rembi (22 ans), l'épée féminine a de beaux jours devant elle. Grâce à Candassamy et Jacques-André-Coquin, elle a déjà décloisonné l'héritage Flessel. Depuis le titre continental de la «Guêpe» en 2007, aucune Française n'avait obtenu un podium européen en épée. Lembach, tout pour l'équipe Le sabre féminin peine depuis plusieurs années et la retraite de sa double championne du monde Anne-Lisa Touya. Mais les premiers mois de 2014 ont sonné comme le renouveau de l'arme, portée par la victoire en Coupe du monde de Cécilia Berder en mars, et les trois podiums de Charlotte Lembach sur la scène internationale. Cette dernière avait l'ambition du podium, à plus d'un titre. La Strasbourgeoise de naissance est chez elle cette semaine. «Je n'avais pas le droit d'arrêter l'aventure aussi tôt», confie la sabreuse après son succès contre sa compatriote Cécilia Berder, pour un choc fraternel dès le 2e tour du tableau principal ce lundi. «Chachou», comme la surnomme le public du Rhénus, ne s'autorisait pas plus d'un revers en 8e, contre la Grecque Vougiouka, une des patronnes du sabre, double médaillée d'argent en 2012 et 2013. La défaite est néanmoins au rendez-vous, par 15 à 14. «Pour moi comme pour les autres filles, ce n'est pas une bonne séquence individuelle, alors il faut nous attendre rageuses et revanchardes par équipes.» Sentiment partagé par Berder, évidemment, par Béline Boulay (sortie en 16es) et Manon Brunet, heureuse quart de finaliste à seulement 18 ans. Le fleuret déçoit Le fleuret était donc attendu. Non plus comme le messie, grâce aux bonheurs des épéistes, mais pour confirmer le retour en forme de l'escrime française en mal de résultats ces dernières saisons. C'était sans compter sur une année 2014 en dents de scie. Astrid Guyart, Corinne Maitrejean, Ysaora Thibus et Gaëlle Gebet forment le quatuor le plus solidement armé pour aller briguer les podiums. Quand bien même le fleuret est l'apanage des Italiennes et de la star densément récompensée Valentina Vezzali. Mais mardi, il n'y avait pas que les représentantes de la Botte pour bouter hors de la course aux médailles les Tricolores. Défaite en 8e pour Thibus face à une Allemande, pour Guyart face à une Transalpine (quand même) et face à une Russe pour Maitrejean, alors que Gebet était éjectée dès les 16es par la même Russe. «C'est frustrant, témoigne l'entraîneur national Franck Boidin. C'est une vraie déception. Les filles n'ont pas su élever leur niveau. C'est grosso modo à l'image de notre saison. Il faudra se reprendre par équipesCh.L.

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FORTUNES DIVERSES A STRASBOURG

A Strasbourg, Christophe Lemaire (texte et photo).

L'escrime française ne roule pas sur l'or à domicile. Les épreuves individuelles achevées aux championnats d'Europe qui se tiennent cette semaine à Strasbourg (Bas-Rhin), un constat s'impose : la France s'appuie sur son homogénéité et non plus sur un leader, comme l'était autrefois Laura Flessel. Le danger, pour les délégations étrangères, peut donc venir de chaque pointe tricolore. La preuve avec les jolies révélations Marie-Florence Candassamy et Joséphine Jacques-André-Coquin, d'argent et de bronze à l'épée. Le fleuret et le sabre sont pour l'instant bredouilles. Partie remise pour les équipes ? Les déçues en appellent à leur esprit de revanche. Reportage à Strasbourg. (5449 signes)

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