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Le sport au féminin

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    • 2014-07-11 00:00:00
    • GYMNASTIQUE ACROBATIQUE, ENTRE DOUTES ET AMBITIONS
    • Gymnastique
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    • C’est dans un contexte un peu particulier que la France accueille jusqu’au 12 juillet prochain les 24e Championnats du monde de gymnastique acrobatique : alors même que la discipline a mis en place de belles évolutions pour honorer ce rendez-vous à domicile, les instances fédérales remettent actuellement en cause son statut de sport haut niveau. Article de 5 800 signes. Accessible aux abonné-e-s. Voir les tarifs et les procédures d’abonnement sur l'espace "Tarifs et Abonnements". « Gymnastique acrobatique ». Non vraiment, cela ne vous dit rien ? Acrosport peut-être ? Ah oui, cette fois c’est bon. Vous voilà replongez quelques années en arrière en plein cours d’EPS à tenter d’escalader le dos de votre camarade afin de réaliser un porté acrobatique. Et bien sachez que cette discipline officiellement baptisée gymnastique acrobatique (ou « Gac » pour les intimes) prend une toute autre dimension lorsqu’elle évolue au plus haut niveau. Savant mélange de gymnastique artistique, de danse et de main à main circassien, la Gac se pratique par groupe de deux (duos féminins, masculins ou mixtes), trois (trios féminins) ou quatre gymnastes (quatuors masculins). Le principe ? Présenter un exercice chorégraphié de 2 minutes 30 comprenant des pyramides statiques (équilibres et portés) ainsi que des éléments dynamiques (acrobaties et lancers), le tout sur fond musical. Cette année, la France accueille l’élite internationale de la discipline à l’occasion des Championnats du monde qui ont débuté jeudi 10 dans l’enceinte du palais des sports Marcel-Cerdan de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Objectifs pour les Bleus : intégrer les finales dans chaque catégorie où la France est présente, à savoir en trios, duos féminins et duos mixtes. «Et pourquoi pas aller chercher une médaille en duo féminin, peut-être la catégorie la plus ouverte, poursuit Eva Mauriceau, entraîneur national. Même si la dernière ligne droite a été difficile avec la blessure de la voltigeuse du trio, les athlètes sont sereins. Les derniers entraînements se sont bien passés, tout le monde est prêt ». Une refonte en profondeur Pour espérer briller à domicile face à l’hégémonie historique des pays de l’Est, de la Belgique, de l’Angleterre ou du Portugal, les responsables en charge de la discipline se sont donnés les moyens de leurs ambitions en optant pour une restructuration totale de l’élite. Ainsi, dès septembre 2012, ils décidèrent de regrouper une partie des meilleurs gymnastes seniors -jusque-là éparpillée un peu partout en France- en un même lieu, le pôle France d’Antibes, afin de leur offrir des conditions d’entraînement optimales : salle flambant neuve, horaires aménagées, interventions d’experts étrangers… Et puisque l’on n’a rien sans rien, ils décidèrent également de revoir à la hausse le rythme des entraînements, soit 30 heures d’entraînement par semaine, dont deux sessions le samedi et repos uniquement le dimanche. Un investissement tout simplement inédit pour la Gac française. «Avec cet événement en ligne de mire, nous n’avions pas le choix, explique Eva Mauriceau. C’est à ce prix que nous pouvons progresser même si psychologiquement c’est lourd. C’est pourquoi nous travaillons avec un préparateur mental. Pour nous, c’est une vraie béquille. Sans lui, certains auraient arrêté. C’est tellement difficile ce qu’on leur demande ». Et cela fait deux ans que ça dure. Mais ça marche ! Les résultats obtenus l’année dernière lors des Championnats d’Europe (finales par exercice et deux 4e places) sont venus valider cette restructuration et récompenser le travail effectué jusque-là. Un avenir incertain Pourtant, tout cela pourrait bien avoir été fait en vain. C’est le constat quelque amer que certains font actuellement. La raison ? Une décision du Ministère des Sports de ne plus reconnaître le caractère haut niveau de la gymnastique acrobatique. Trop confidentielle au niveau international, pas assez de nations participant aux Championnats du monde… tels sont les critères retenus par l’instance gouvernementale. Un paradoxe au vu de l’investissement que la pratique exige, et un comble quand on sait que certaines disciplines comme la pétanque, le bowling ou la course d’orientation jouissent de cette reconnaissance, et de tout ce qui va avec. Si cette décision ne date pas d’hier, la Fédération française de gymnastique (FFG), délégataire de la discipline, a décidé de s’y aligner à partir de la saison prochaine. « En 2013, la FFG a changé de gouvernance et la priorité a été donnée aux disciplines olympiques, aux médaillés potentiels et à la performance, précise Corinne Callon, la Directrice Technique Nationale. Nous avons donc décidé de réorienter la Gac pour être en cohérence avec ce cadre donné par le Ministère ». Ce choix politique aura évidemment des conséquences très concrètes sur le terrain avec notamment une diminution des financements. Ce qui sous-entend des collectifs resserrés, moins de regroupements, moins de déplacements sur les compétitions internationales… Difficile à encaisser, surtout après avoir passé ces deux dernières années dans un système tourné vers la performance. «Il n’y aura plus d’entraîneur national ni même de pôle France, poursuit Eva Mauriceau. Ce sera désormais aux clubs, s’ils le souhaitent, de structurer leur pratique de haut niveau et d’envoyer leurs groupes sur des compétitions internationales. Ils rendent le haut niveau aux clubs, voilà le discours de la Fédération ». Pour les responsables fédéraux justement, ce recul n’en est pas un puisque tout avait été prévu et annoncé. « Il y a de la frustration aujourd’hui, je le conçois, reconnait la DTN. Mais cette organisation a été mise en place uniquement pour cette compétition en France, on ne voyait pas plus loin». Et la responsable de se montrer rassurante : «Nous sommes encore en phase de transition, mais une chose est sûre, nous continuerons à suivre la discipline tout en remettant le club au centre du dispositif. Il y aura toujours des finances, seulement aujourd’hui on minimise». Minimiser, c’est évidemment tout le contraire que les athlètes de l’équipe de France devront faire devant leur public. Dans l’ombre peut-être, mais pour l’amour de geste parfait… comme toujours. T.H. L’équipe de France : Duo : Léa Roussel - Claire Philouze Duo mixte : Camille Curti - Alexis Martin Trio : n°1: Laura Viaud - Léna Carrau - Agathe Meunier / n°2: Madeleine Bayon - Alizée Costes - Noémie Nadaud

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GYMNASTIQUE ACROBATIQUE, ENTRE DOUTES ET AMBITIONS

Thomas Heteau / Photo : Joël Olivier

C’est dans un contexte un peu particulier que la France accueille jusqu’au 12 juillet prochain les 24e Championnats du monde de gymnastique acrobatique : alors même que la discipline a mis en place de belles évolutions pour honorer ce rendez-vous à domicile, les instances fédérales remettent actuellement en cause son statut de sport haut niveau.

Article de 5 800 signes. Accessible aux abonné-e-s. Voir les tarifs et les procédures d’abonnement sur l'espace "Tarifs et Abonnements".

« Gymnastique acrobatique ». Non vraiment, cela ne vous dit rien ? Acrosport peut-être ? Ah oui, cette fois c’est bon. Vous voilà replongez quelques années en arrière en plein cours d’EPS à tenter d’escalader le dos de votre camarade afin de réaliser un porté acrobatique. Et bien sachez que cette discipline (...)

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