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Le sport au féminin

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    • 2014-08-13 00:00:00
    • « MÉDIATIQUEMENT, IL N'Y AVAIT RIEN »
    • Rugby
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    • Interrogées par Sportiva, d'anciennes internationales témoignent de ce qu'était la pratique avant le petit boom observé ce mois d'août. Stéphanie Provost et Elodie Lafitte ont vécu cinq des six coupes du monde passées… et elles parlent du rugby féminin vécu il n’y a pas si longtemps… Article de 4629 signes. Accessible aux abonné-e-s. Voir les tarifs et les procédures d’abonnement sur l'espace "Tarifs et Abonnements". Stéphanie Provost et Elodie Lafitte ont vécu cinq des six coupes du monde passées. Car oui, avant le réveil aoûtien en cette année 2014, celui du grand public et des médias de masse, le rugby féminin a eu son passé. Un passé fait de brics et de brocs, où se mêlent passion et amateurisme. La Coupe du monde est née en 1991. Elle se déroule dans l'anonymat le plus complet. En France, l'événement passe totalement inaperçu. Les pionnières d'alors se nomment Nathalie Amiel ou Annick Hayraud, ces mêmes actrices à la tête de l'équipe de France aujourd'hui. Provost (41 ans) et Lafitte (39 ans) participent à l'édition 1994. «C'était complétement différent, témoigne Elodie Lafitte, 37 sélections. C'est encore plus champêtre que ça ne l'est aujourd'hui. En 1998 par exemple, c'était très convivial. Toutes les équipes jouaient dans le même stade comme à Marcoussis. Il n'y avait pas d'engouement particulier. Seul l'entourage immédiat des joueuses se déplaçait. Les Pays-Bas avaient été désignés par défaut. Lors de la finale, s'il y avait 1000 personnes dans le stade, c'était déjà bien.» Licenciée pour avoir participé à la Coupe du monde «Tout le monde était regroupé au même endroit, abonde Provost, l'actuelle entraîneur de l'Ovalie caennaise. Médiatiquement, il n'y avait rien. On avait un mot d'encouragements de la fédération, et voila. Le changement a eu lieu en 2002 en Espagne. Bernard Lapasset (NDLR: alors président de la FFR) était venu nous encourager lors de notre demi-finale contre la Nouvelle-Zélande. C'est à cette occasion que les pionnières ont interpellé la Fédération sur nos conditions d'entraînement. On mettait de notre poche à chaque fois qu'on se rassemblait. Rien n'était mis en place avec nos employeurs pour nous permettre d'être libérées. Une fille avait d'ailleurs pris un congé sans solde. Au retour de la Coupe du monde, elle a été licenciée. En 2002, il y a eu un prise de conscience. A partir de là, la pratique féminine a été prise en compte par la FFR. Des moyens financiers ont été débloqués.» Désormais, un préparateur physique suit les Bleues en vue du Mondial 2006 : suivi longitudinal, musculation, etc. Quatre ans plus tard, des tournées d'automne et bientôt d'été se mettent en place. Ces derniers mois, c'est la préparation mentale qui s'est ajoutée. Cette transition apparaît évidente lorsqu'on compare le rugby féminin des années 1990 à celui des années 2010. «On était dans un autre monde, témoigne Lafitte. Désormais, on se rapproche du professionnalisme sans les bons côtés, notamment financiers. Mais à l'époque, c'est tout juste si on ne s'entraînait pas sur le parking de l'hôtel pour répéter des touches. C'était du bricolage. Il y avait des stages mais qui étaient très sommaires. Imaginons un match du Tournoi. C'était rendez-vous le vendredi soir pour jouer le dimanche. Il n'y avait pas de moyens financiers et techniques mis à la disposition du staff. On a suivi la même transition que le rugby masculin qui a découvert le professionnalisme dans les années 1990, mais à plus petite échelle.» D'une révolution à l'autre «Je ne sais si j'aurais pu jouer en équipe de France aujourd'hui, poursuit Lafitte. Les contraintes sont considérables. Aujourd'hui, les filles passent leur temps à s'entraîner ou à travailler. Elles sont obligées de mettre de côté leur famille. C'est un choix de vie que je n'aurais pas pu suivre. C'est très agréable à voir. L'apport en vitesse des filles du sevens est considérable. La révolution est sportive et physique. Les impacts étaient les mêmes il y a 20 ans. Mais aujourd'hui, on a de vraies athlètes de haut niveau qui s'entraînent quotidiennement. Au niveau technique, il n'y a pas eu énormément de progrès. La deuxième révolution est peut-être médiatique et a lieu en ce moment.» Mais vis-à-vis des diffuseurs (France Télévisions et Eurosport), seule une finale peut permettre de concrétiser le frémissement observé depuix deux semaines. Cette finale qui fuit l'équipe de France depuis 1991. En cinq demi-finale, les Bleues ne sont jamais parvenues à se hisser en finale. Ch.L.

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Rugby

« MÉDIATIQUEMENT, IL N'Y AVAIT RIEN »

Texte : Christophe Lemaire. Photo : Sportiva-infos.

Interrogées par Sportiva, d'anciennes internationales témoignent de ce qu'était la pratique avant le petit boom observé ce mois d'août. Stéphanie Provost et Elodie Lafitte ont vécu cinq des six coupes du monde passées… et elles parlent du rugby féminin vécu il n’y a pas si longtemps…

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Stéphanie Provost et Elodie Lafitte ont vécu cinq des six coupes du monde passées. Car oui, avant le réveil aoûtien en cette année 2014, celui du grand public et des médias de masse, le rugby féminin a eu son passé. Un passé fait de brics et de brocs, où se mêlent passion et amateurisme.

La Coupe du monde est née en 1991. Elle se déroule dans l'anonymat le plus (...)

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