SPORTIVA

Le sport au féminin

    0

    • 2014-12-29 00:00:00
    • A HOUILLES, ON A BRAVÉ LE FROID
    • Athlétisme
    • voir
    • ATHLÉTISME. La Corrida pédestre internationale de Houilles, dans les Yvelines, fait désormais figure de troisième tradition de fin d'année, entre les deux réveillons de Noël et de la Saint-Sylvestre. Et pour sa 43eme édition, le 28 décembre 2014, la Corrida de Houilles ne s'est pas offert un, mais deux invités de marque : son parrain, en la personne de Bernard Hinault, mais aussi le froid. Intense, comme la course, racontée par l'envoyée spéciale de Sportiva-infos. (6383 signes) «Un degré et demi» relevait au départ de la «course populaire», l'un des motards. «Un record de froid dans l'histoire de cette Corrida.» Des frimas qui n'ont nullement gêné Anaïs da Silva, 17 ans, membre de l'Union Athlétique de Montereau en Seine-et-Marne, et lauréate féminine de cette course ouverte à tous, dont elle prenait la ligne de départ pour la première fois : «C'est mon deuxième 10 kilomètres. Je me suis sentie bien, même si j'ai d'abord eu un petit coup de barre puis, vers la fin, un point de côté. Quant au froid, je cours habituellement en débardeur, j'ai simplement mis des manches longues.» Un podium français pour cette course populaire, avec Sandrine Brouillard et Émilie Leroy (Poissy), respectivement sur la 2e et la 3e marches. Course des As : Kenya, Bahrein, Éthiopie... comme d'habitude Si le froid n'a pas fait battre le record de 2012 (31"29), la surprise est venue, sans lien avec le mercure, de l'allure générale de la course. D'une moyenne de 25 km/h, elle est enlevée par la Kényane Peres Jepchichi (31'34"), 21 ans, vainqueure cette année du semi-marathon de Marseille-Cassis et du semi-marathon de Montbéliard, et vainqueure des 10 kilomètres de Durban l'an dernier. «C'était bien, mais beaucoup trop froid !» grimace la gagnante. Même sensation glaciale pour Ruth Jebet (Bahreïn, 32'18"), championne du monde juniors sur 3000 m steeple cette année : «Le climat est beaucoup trop froid !» La troisième marche du podium est revenue à l'Ethiopienne Yemenu Tewabech (32'20"), guère plus réchauffée. Un résultat que n'a donc pas bouleversé la météo, et trois nationalités différentes sur le podium de cette course des As, à vocation résolument internationale : Kenya, Ethiopie, Bahrein (habitués des premiers rôles), mais aussi Ouganda, Roumanie, Ukraine, Irlande du Nord. La déconvenue est à mettre du côté de la Marocaine Rkia El Moukim, donnée favorite, mais qui a d'emblée marqué le pas. Aucune déception, en revanche, côté français. Arivée première Tricolore, Corinne Herbreteau, championne de France de marathon 2013, s'est classée douzième en 34'34", en goûtant le plaisir de chausser à nouveau les baskets : «C'est mon meilleur chrono sur 10 kilomètres depuis ma blessure à Zurich (lors des championnats d'Europe, Ndlr) au mois d'août dernierUne des fêtes de fin d'année Aucun forfait n'est à signaler, tant du côté du plateau de sportifs que du public, pour cette 43e édition. Désormais griffée «Road Label» niveau argent par l'IAAF (la fédération internationale d'athlétisme), la Corrida pédestre de Houilles s'est ancrée dans le calendrier «parce qu'on a fait pour l'athlétisme ce qui s'est ensuite fait pour le football : on l'a mis en scène», se félicite Alexandre Joly, créateur de la Corrida de Houilles avant d'être l'édile de la commune. «En 1972, lorsqu'il y avait 1500 personnes pour regarder Michel Jazy contre Michel Bernard, c'était une grande manifestation, poursuit-il. On s'est alors dit que le sport méritait les égards de tout ce qui est de qualité. Or, projeter le sport à bout portant dans la ville, là où se trouvent les gens, était la meilleure façon, en faisant une fête, de faire découvrir l'athlétisme. Jusqu'aux affiches, dont certaines ont été signées Léo Coupert, l'auteur des affiches pour les films de Charlie Chaplin. L'art, la culture, le sport, c'est la vie projetée dans la cité. Si bien qu'en 1972, se comptaient tout au plus en France, cinq courses sur route, mal vues par la Fédération française d'athlétisme. Aujourd'hui, ces courses sont une des meilleures promotions de notre sport.» Quant au public comme les sportifs, ils répondent présent et sacrifient une énième tournée de dinde aux marrons. Mais pourquoi ? «Pour le public, à cette date osée, entre les deux réveillons, cette course est perçue comme une promenade de santé, tandis que les sportifs y trouvent une saine façon de préparer le réveillon suivant...» Une publicité pour la commune que ne renie par son maire : «J'ai créé l'épreuve avant d'être maire. Maintenant que je le suis, je ne vais tout de même pas la supprimer !» Quant à l'avenir, «la Corrida vit avec son époque. Au début, d'autres courses étaient davantage médiatisées, tels que les cross du Figaro, de l'Humanité, de Ouest-France. J'ai donc imaginé un truc très simple : prendre les vainqueurs de tous ces cross, pour les obliger à parler de la Corrida de Houilles dans leurs journaux. Et puis j'invitais aussi les deux-trois meilleurs mondiaux de l'époque... Ensuite, des réseaux se sont créés, avec des aides fabuleuses comme Michel Jazy. Côté féminin, là aussi, la Corrida vit avec son époque : elles étaient peu nombreuses au début, alors que la course ne se courait que sur 7,6 km. Aujourd'hui, alors qu'elle se court sur dix kilomètres, elles sont de plus en plus présentes. C'est une évolution normale : les femmes s'entraînent. Sans compter que la course à pieds est un sport accessible. C'est même le seul sport où il n'y a pas d'excuse de matériel ! Il faut avoir des jambes et, comme le dit Bernard Hinault, avoir faim, avoir envie de se dépasser.» Le sport féminin, «c'est vraiment du beau sport» Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour de France, a accepté d'être parrain de cette course sans vélo «parce que j'ai fait quatre ans de course à pieds avant de faire du vélo !» Avantage de la course à pieds sur le cyclisme : «On peut courir avec les meilleurs, ici comme sur les marathons. C'est du rêve qui n'existe pas dans le cyclisme.» Quant au sport féminin, le Blaireau a un avis clair : «Les femmes ont le droit de faire du sport, non !? Du reste, dernièrement, je suis allé à Brest pour du handball féminin, c'est vraiment du beau sport. Avant, on disait "une femme ne sait pas jouer au football". Mais elles jouent super bien, elles jouent au rugby, elles ont énormément progressé au niveau technique. et pratiquent presque tous les mêmes sports que les hommes. C'est génial.» P.M. + Sons Retrouvez et écoutez sur la plateforme SoundCloud Anaïs da Silva, Corinne Herbreteau et Bernard Hinault.

ACTUALITES

Athlétisme

A HOUILLES, ON A BRAVÉ LE FROID

Texte, photo et son : Pascale Marcaggi / Sportiva-infos.

ATHLÉTISME. La Corrida pédestre internationale de Houilles, dans les Yvelines, fait désormais figure de troisième tradition de fin d'année, entre les deux réveillons de Noël et de la Saint-Sylvestre. Et pour sa 43eme édition, le 28 décembre 2014, la Corrida de Houilles ne s'est pas offert un, mais deux invités de marque : son parrain, en la personne de Bernard Hinault, mais aussi le froid. Intense, comme la course, racontée par l'envoyée spéciale de Sportiva-infos. (6383 signes)

«Un degré et demi» relevait au départ de la «course populaire», l'un des motards. «Un record de froid dans l'histoire de cette Corrida.» Des frimas qui n'ont nullement gêné Anaïs da Silva, 17 ans, membre de l'Union Athlétique de Montereau en Seine-et-Marne, et lauréate féminine de cette course ouverte à tous, dont elle (...)

J'achète cet article
ABONNEMENT (3 MOIS OU 1 AN)

Je suis déjà abonné-e:

ACTUS SIMILAIRES

Facebook Twitter