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Le sport au féminin

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    • 2015-04-01 00:00:00
    • KARINE SAVINA, LA PASIONARIA DU HAND
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    • HANDBALL. Le Cercle Dijon Bourgogne (CDB) s'est distingué en fin de saison dernière par la lettre ouverte publiée par sa présidente, Karine Savina. Un texte sans détours, écrit comme un jet de 7 mètres puissant et rageur. L'ire présidentielle portait sur les subventions publiques et le manque d'égalité, selon elle, réservée au hand féminin dijonnais. Un an après, où en sont la présidente et sa revendication ? (5478 signes) En ce jour de Golden League au Palais des sports Jean-Michel-Geoffroy, Karine Savina reçoit sans chichi, dans les travées de la salle. Il n'y a pas besoin de mise en scène pour cette ancienne athlète débarquée à Dijon en 2009, cadre chez Mediapost et qui a découvert le hand un soir par hasard, à l'invitation de Véronique Pecqueux-Rolland, l'ancienne internationale, avant de s'en enticher et de devenir, depuis 2012, présidente de la SAS. Le personnage est direct, volontiers simplificateur et manichéen, et semble cultiver cette posture. Mais Karine Savina n'est pas pour autant autocentrée et c'est tout naturellement qu'elle demande à Jean Royer, président de l'association, de rejoindre la discussion. Un sens du collectif certain assis sur ce que cette fonceuse, d'origine bretonne, a trouvé dans le hand local. «Ténacité, simplicité, modestie», dit-elle comme on brandit un Graal. «Les sportives au pied de l'échafaud» «Je n'ai pas peur de répéter haut et fort ce que je considère être une injustice. Toujours aujourd'hui. La colorisation de la féminisation me tient à cœur. Ça devient mon combat…» Son constat est simple : «À La Poste, je n'ai pas eu à souffrir de différence de traitement hommes-femmes. Je pensais que dans le sport c'était pareil…» Ce que constate cette présidente fonceuse est un écart systématique de subventions entre les handballeurs et les handballeuses. «Les handballeuses sont moins payées, en général, que les garçons», dit-elle. L'an dernier, cela aboutit à un communiqué de fin de saison dernière sous sa signature. La présidente du CDB (Cercle Dijon Bourgogne) y annonçait : «Les sportives, des femmes au pied de l'échafaud». Un cri d'alerte, sans doute un peu forcé, qui pointait ce que le CDB considérait non seulement comme une injustice mais surtout comme une entorse aux annonces d'égalité et de parité faites par l'exécutif au plus haut niveau (ministère). Dans le viseur de Karine Savina, une collectivité locale en particulier: le Grand Dijon. La structure, compétente pour les clubs professionnels, avait demandé la création d'une société sportive pour être éligible à ses subventions mais, reprochait le communiqué, «[nous] propose une aide, certes, mais dont le montant et les modalités de versement sur 3 années sont incompatibles avec les exigences de la CNCG. […] Comment peut-on expliquer que l'an dernier le Grand Dijon a aidé un club masculin à remonter et accéder dans les meilleures conditions à la LNH (ndlr, la Division 1 masculine) en lui octroyant une aide conséquente de 250 000 € ? Ce qui nous est refuséLe sport féminin n'est pas une variable d'ajustement économique» Pour comprendre l'enjeu de ce coup de gueule, Karina Savina rappelle quelques chiffres : «Nous touchons 250 000 euros du conseil régional. Et cette somme est restée constante même quand nous évoluions en D2. Le conseil général, c'est déjà différent : lorsque nous descendons en D2, nous touchions 120 000 euros et avons touché, à l'étage en-dessous, 60 000. Bien. Sauf que lors de notre remontée en D1, nous ne retrouvons pas les 120 000 de la saison auparavant en D1 mais 90 000 euros, donc une perte de 30 000 qui ne s'explique pas. Enfin, le Grand Dijon donne 195 000 euros à la SAS. Lorsqu'en fin de saison dernière, lors du communiqué, nous demandons une rallonge, nous obtenons 75 000. Mais les garçons, eux, touchent 600 000 !» Sous le regard et l'approbation de Jean Royer, Karine Savina poursuit son raisonnement et arrive à sa conclusion : «J'affirme que nous sommes le club qui touchons le moins de subventions. Alors, la question est simple : est-ce que l'on veut que le haut niveau féminin existe en Bourgogne alors que nous sommes le seul club d'élite de la région ? Le sport féminin n'est pas une variable d'ajustement économique.» Avec un budget global de l'ordre d'un million d'euros et une masse salariale qui représente 565 000 euros, le problème du CDB est de joindre les deux bouts sportifs : «Avec 100 000 euros de plus, on a une joueuse pro supplémentaire et l'on ne joue plus le maintien mais on peut avancer sportivement ! » Le but est donc d'étoffer l'effectif pro par un apport plus «juste» de subventions et de continuer à s'appuyer sur le centre de formation, l'un des meilleurs de France. Un chemin encore long. Le Grand Dijon, devant la polémique de juin dernier, était resté droit dans ses bottes et avait opposé une fin de non-recevoir à la problématique de la parité, par l'intermédiaire de l'adjoint aux sports Jean-Claude Decombard : «[…] Le procès sur une absence de parité dans les choix du Grand Dijon, entre le hand masculin et le hand féminin, n'a pas de sens car le montant des subventions tient compte de critères objectifs, qui renvoient principalement à l'économie du sport (le montant des contrats des joueurs notamment) sur laquelle nous ne pouvons pas peser localement.» [NDLR: le Grand Dijon, que nous avons contacté, n'a pas donné suite à notre demande d'entretien] Karine Savina, elle, n'en démord pas : «Ce que j'affirme, c'est que la proportionnalité d'aide n'est pas équitable.» La présidente promet même de nouveaux développements… J.C.

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KARINE SAVINA, LA PASIONARIA DU HAND

Texte : Jacques Cortie, à Dijon (Côte-d'Or) / Photo : Sportiva-infos

HANDBALL. Le Cercle Dijon Bourgogne (CDB) s'est distingué en fin de saison dernière par la lettre ouverte publiée par sa présidente, Karine Savina. Un texte sans détours, écrit comme un jet de 7 mètres puissant et rageur. L'ire présidentielle portait sur les subventions publiques et le manque d'égalité, selon elle, réservée au hand féminin dijonnais. Un an après, où en sont la présidente et sa revendication ? (5478 signes)

En ce jour de Golden League au Palais des sports Jean-Michel-Geoffroy, Karine Savina reçoit sans chichi, dans les travées de la salle. Il n'y a pas besoin de mise en scène pour cette ancienne athlète débarquée à Dijon en 2009, cadre chez Mediapost et qui a découvert le hand un soir par hasard, à l'invitation de Véronique Pecqueux-Rolland, l'ancienne internationale, avant de s'en (...)

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