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Le sport au féminin

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    • 2012-05-29 00:00:00
    • QUALIF, TRANSFERTS ET CRISE DE CROISSANCE
    • Handball
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    • Malgré un accroc contre le Monténégro dimanche 27 mai, les Bleues ont décroché leur qualification pour les Jeux olympiques ce week-end à Lyon. Les prestations des vice-championnes du monde, candidates déclarées au podium pour leur quatrième aventure olympique consécutive, contrastent avec la précarité d’un championnat de France démembré par les menaces de rétrogradation. Bilan de santé d’un handball féminin sans le sou. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme du handball féminin. Le 13 mai dernier, deux jours avant la finale retour du championnat de France qui doit l’opposer à Issy-Paris, le club de Brest est rétrogradé en 2e division par la Commission nationale de contrôle et de gestion (CNCG). La cause de cette punition, un déficit abyssal estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros (environ 300 000 euros, soit un quart du budget, d’après nos confrères du Télégramme). Depuis le 13 mai, la direction d’Arvor est plus que laconique dans ses déclarations. Rien ne bruite non plus du côté de la Ligue féminine de handball (LFH), avare en confidences. Ce silence radio règne aussi en rade de Brest où la municipalité échafaude un plan d’urgence. Ce dernier sera examiné samedi 2 juin par la commission d’appel de la CNCG. Cet organe de la Fédération française de handball (FFHB), véritable gendarme financier de la LFH et de la 2e division, a distribué sans compter les mauvais points à l’attention des formations de l’élite. Ainsi, Dijon, Fleury, Issy-Paris, Metz, Mios et Nîmes (LFH) sont dorénavant soumis à une limitation de leur masse salariale et/ou à un « plan d’apurement de leur situation nette ». Une « crise de croissance » «Personne ne peut consulter les bilans financiers des clubs de LFH, avertit Bernard Rach, le président de Besançon. Le handball manque cruellement de transparence.» Rétrogradé pour les mêmes raisons que Brest-Arvor en 2009, le club bisontin affiche aujourd’hui une bonne santé financière (un budget de 860 000 euros, l’un des plus serrés du championnat). «Besançon n’a pas été convoqué par la CNCG, se félicite le président Rach. On est allé trop vite en besogne sur la professionnalisation du hand féminin. Du coup, certains clubs ont perdu la tête et fonctionnent en surrégime. C’est une vraie crise de croissance. » Le club franc-comtois, maintes fois récompensé au début des années 2000, se serre désormais la ceinture et contrôle la moindre dépense, préférant, au recrutement extérieur, la formation interne, beaucoup moins onéreuse. Comme Besançon, dernier de LFH cette saison, et donc relégué sportivement à l’échelon inférieur, Cergy a monté un dossier de repêchage, « au cas où». Car le club francilien, dauphin des Niçoises en 2e division, pourrait profiter de la menace qui plane sur Nice, interdit de promotion en LFH (le club ne dispose d’aucun centre de formation, condition sine qua none pour accéder à l’élite). «Il faut respecter le cahier des charges et les règles établies, dit Michel Laurent, le président cergyssois. Je suis pour la mise en place du fair play financier.» En attendant, ces clubs cherchent plus que jamais de nouveaux capitaux et vivent dans l’attente des décisions fédérales. Des capitaux qui pourraient prochainement venir de la télévision ? De la diffusion l’année prochaine de la LFH sur les nouvelles chaînes « beIN Sport », les clubs professionnels ne devraient pas toucher de droits télévisuels. Mais leur visibilité ne fera que croître, et avec elle, les sponsors devraient affluer. Quelles conséquences sur l’équipe de France ? Leur club d’Arvor au bord du précipice, les Brestoises et internationales Cléopâtre Darleux, Alexandra Lacrabère, Stéphanie Daudé et Julie Goiorani pouvaient légitimement être perturbées ce week-end à Lyon par la procédure administrative en cours « Ce sont des professionnelles, bien dans leur peau, qui se projettent déjà sur les JO, pondère Olivier Krumbholz, en partance ce mardi midi pour la Turquie où les Bleues y disputent mercredi un match de qualification pour l’Euro. Les budgets de la LFH sont en constante augmentation et, forcément, des écarts de conduite sont possibles. Mais la démarche de la DNCG est très positive. Elle insuffle les valeurs qui doivent permettre au handball de rester les pieds sur terre. » Le sélectionneur français s’inquiète à vrai dire davantage des récents transferts d’internationales vers l’étranger, à l’image d’Alisson Pineau et d’Amandine Leynaud, en partance vers l’écurie roumaine de Valcea, un club aux moyens hors normes. « Le travail de mon staff va se complexifier, admet-t-il. Il va désormais manquer la proximité que l’on peut avoir avec les clubs français. Nous allons devoir être vigilants, surveiller particulièrement la santé de nos joueuses. » Il en va de celle du handball français. Résultats - Tournoi de qualification olympique, à Lyon (25-27 mai) : Vendredi : Monténégro – Japon 30-24, France – Roumanie 24-19. Samedi : Roumanie – Monténégro 23-24, Japon – France 17-30. Dimanche : Roumanie – Japon 28-26, France – Monténégro 20-22. Classement : 1. Monténégro, 6 pts (qualifié) ; 2. France, 4 pts (qualifiée) ; 3. Roumanie, 2 pts ; 4. Japon, 0.

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Handball

QUALIF, TRANSFERTS ET CRISE DE CROISSANCE

Texte: Christophe Lemaire / Photo: Jacques Cortie

Malgré un accroc contre le Monténégro dimanche 27 mai, les Bleues ont décroché leur qualification pour les Jeux olympiques ce week-end à Lyon. Les prestations des vice-championnes du monde, candidates déclarées au podium pour leur quatrième aventure olympique consécutive, contrastent avec la précarité d’un championnat de France démembré par les menaces de rétrogradation. Bilan de santé d’un handball féminin sans le sou.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme du handball féminin. Le 13 mai dernier, deux jours avant la finale retour du championnat de France qui doit l’opposer à Issy-Paris, le club de Brest est rétrogradé en 2e division par la Commission nationale de contrôle et de gestion (CNCG). La cause de cette punition, un déficit abyssal estimé à plusieurs centaines (...)

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