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Le sport au féminin

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    • 2012-06-11 00:00:00
    • LE HANDBALL SENS DESSUS DESSOUS
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    • Le handball féminin vit des jours pour le moins agités. La rétrogradation des championnes de France d’Arvor 29 en 2e division provoque un exceptionnel effet domino. Exode massif d’internationales, jeu de chaises musicales pour composer la LFH, déficits chroniques. La crise financière du handball professionnel atteint un point critique. « On nous a pris pour des imbéciles ». Olivier Gebelin, président de l’Union des présidents de clubs de division 1 féminine (UPCD1F) n’y va pas par quatre chemins. Le désormais ex-président de Nîmes (Ligue féminine de handball), qui se retire après 22 ans de bons et loyaux services, veut qu’Arvor paye pour son manque de rigueur. « Le club brestois a totalement faussé le championnat, clame-t-il. On n’a pas le droit d’écraser le monde en trichant de la sorte. Cela fait deux ans que la LFH doute de la sincérité d’Arvor. Il est temps qu’on applique des sanctions proportionnelles à la faute. Et surtout qu’aucun passe-droit ne soit accordé car, par le passé, Toulouse ou Besançon n’ont bénéficié d’aucune clémence. » Gebelin, soutenu dans sa démarche par tous les présidents de LFH, appelle depuis 2001 à la transparence des budgets des clubs professionnels. Celle-là même qui fait défaut à Brest, en surrégime depuis plus de deux ans. 4 000 euros en moyenne par joueuse à Brest Les langues commencent à se délier sur le comportement financier d’Arvor. Le club brestois, déjà averti l’an passé sur son exercice 2010, n’a pas retenu la leçon et évolué, comme si de rien n’était, sur des bases économiques tout aussi malsaines. Lors de son passage devant la Commission nationale de contrôle et de gestion (CNCG), en mai, Arvor a présenté un résultat déficitaire supérieur à 300 000 euros pour son exercice 2011. On évoque le désistement d’un important sponsor. Qu’importe. Arvor n’a pas pris la mesure de ce trou et n’a pas fait les choix qui s’imposaient. En particulier de réduire sa masse salariale. Cette saison, le salaire moyen d’une joueuse brestoise s’élevait à 4 000 euros quand celui, moyen, d’une joueuse de LFH avoisinait les 2 500 euros. Des chiffres à mettre en regard de ceux de Metz où les internationales émargeaient cette dernière saison à 3 300 bruts mensuels. Mais le cas d’Arvor est également alourdi par des pratiques peu respectueuses des joueuses puisque plusieurs d’entre elles ont entamé une procédure aux Prud’hommes pour demander au club, leur employeur, de respecter ses obligations contractuelles. Quelle LFH en 2012-2013 ? La rétrogradation d’Arvor, combinée à la non-promotion de Nice (*), champion de France de D2 suspendu à la décision de la Commission d’appel de la DNCG, redistribue les cartes pour la saison prochaine en chantier. Trois clubs (Besançon, Cergy-Pontoise et Nantes) vont déposer un dossier de repêchage auprès de la Ligue, pour l’instant réduite à huit clubs pour dix places. « On fait la tournée des popotes, confie Arnaud Ponroy, le président nantais, 4e de D2 cette saison. Mais monter un dossier répondant aux règles budgétaires est difficile. Il faut repenser le recrutement mais l’impératif reste de ne pas s’enflammer. Car un aller-retour LFH-D2 serait difficile à digérer pour un club en plein développement comme le nôtre. » Même état d’esprit du côté de Cergy-Pontoise, qui vit dans l’incertitude totale. «Ça peut exploser n’importe où, n’importe quand, analyse Michel Laurent, le co-président cergyssois, vice-champion de France de D2. Nous sollicitons toutes les collectivités territoriales et d’éventuels sponsors afin de boucler un dossier sérieux. On ne veut surtout pas griller les étapes au risque de mettre en péril le club » Le mode de vie imposé par la LFH suscite en effet l’inquiétude. Partout, on sait que 8 des 10 clubs de l’élite cette saison ont subi les réprimandes plus ou moins sévères de la DNCG ces dernières semaines. Du côté de la Fédération française de handball (FFHB) ou de la Ligue, rien ne filtre. Nos sollicitations auprès de la présidence et d’autres acteurs sont restées sans suite. L’embarras règne alors que le casting de la saison 2012-2013 demeure incomplet. « Rien ne dit qu’on jouera à 10 en LFH l’an prochain », avertit Olivier Gebelin. Quid des joueuses ? Du côté de Brest, en attendant l’examen du recours auprès du CNOSF (dont l’avis n’a pas de valeur exécutoire), on s’attend à un exode massif. A moins de 50 jours des JO, les internationales Alexandra Lacrabère et Cléopâtre Darleux iront certainement voir ailleurs. Et pourquoi pas à l’étranger ? Le Monténégro et la Roumanie, où les salaires peuvent atteindre les 10 000 euros, sont deux destinations à la mode où les handballeuses sont érigées en célébrités locales. Allison Pineau et Amandine Leynaud ont ainsi cédé aux sirènes du club roumain de Valcea en cours d’année. Loin de la professionnalisation galopante d’un handball français jonché d’obstacles et globalement désargenté, les joueuses de LFH pourraient trouver des parquets plus prospères et moins tourmentés. C.L. (*) Nice ne remplit pas toutes les conditions pour intégrer la LFH car le club ne dispose pas d’une équipe réserve obligatoire à ce niveau. Voir nos publications facebook récentes sur le sujet : Brest Quels clubs en LFH? Issy paris en Ligue des Champions?

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Texte : Christophe Lemaire / Photo : Sportiva-infos

Le handball féminin vit des jours pour le moins agités. La rétrogradation des championnes de France d’Arvor 29 en 2e division provoque un exceptionnel effet domino. Exode massif d’internationales, jeu de chaises musicales pour composer la LFH, déficits chroniques. La crise financière du handball professionnel atteint un point critique.

« On nous a pris pour des imbéciles ». Olivier Gebelin, président de l’Union des présidents de clubs de division 1 féminine (UPCD1F) n’y va pas par quatre chemins. Le désormais ex-président de Nîmes (Ligue féminine de handball), qui se retire après 22 ans de bons et loyaux services, veut qu’Arvor paye pour son manque de rigueur. « Le club brestois a totalement faussé le championnat, clame-t-il. On n’a pas le droit d’écraser le monde en trichant de la sorte (...)

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