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Le sport au féminin

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    • 2016-04-22 00:00:00
    • « DES FEMMES ET DU SPORT » : L’ESSAI DE ANNE SAOUTER EST EN LIBRAIRIE
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    • PARUTION. Après avoir proposé, il y a dix ans, un premier essai où elle interrogeait le rugby et la pratique féminine, Anne Saouter a sorti ce 20 avril un deuxième essai, qui balaye plus large en s’interrogeant sur la réalité du sport - des sports - vécu(s) par les femmes. Avant un compte-rendu de lecture que Sportiva publiera dans les prochains jours, voici quelques extraits de cet ouvrage de 183 pages publié par les éditions Payot. (Article de 5 000 signes en accès libre). L’ouvrage est conçu en trois parties. La première est intitulée « Comment le sport devint féminin et comporte 3 parties (« Elles n’étaient pas préparées », « Des débuts qui semblaient prometteurs » et « Un pas en avant »). La seconde porte le titre « Bon corps ne saurait mentir et s’articule en 3 parties (« Pour éviter l’imposture », Faire et reproduire », « Ordre sportif »). Enfin la dernière partie « Le salut hors la compétition » termine l’ouvrage en 3 temps également (« Un déni de réalité », « Du sport pour autre chose » et « Détourner le modèle »). Extrait 1, tiré de la 1re partie: « (…) Décidées à nager, pédaler, courir, etc., les femmes ont fait preuve de courage et de pugnacité dans une société qui ne les avait pas prévues en tenue de sport. Face à des réactions d’une grande violence symbolique (contrôler leur pratique, ridiculiser e-leur performance, déclamer leur perte de féminité), elles n’étaient pourtant pas menaçantes. Certaines , parmi les plus motivées, ont même contribué à la reproduction de stéréotypes en justifiant leurs écarts . Alice Milliat elle-même écrivait en 1927: « Le sport féminin (…) a sa place dans la vie sociale au même titre que le sport masculin. Il devrait même passer au premier plan des préoccupations du gouvernement; je n’exagère pas; Si l’on considère le sport comme un moyen de perfectionnement de la race, n’est-ce pas à la femme d’abord qu’on doit le faire pratiquer ? Soyons logique: au lieu de ‘rééduquer’ un enfant de quinze ans malingres et chétif par un judicieux entraînement à la culture physique, revaut-il pas mieux prendre le mal à la racine et rendre la femme capable d’avoir des enfants solides ? (…). » Extrait 2, tiré de la 1re partie: « Longtemps, les ‘féministes n’ont pas revendiqué le corps comme relevant de la recherche féministe’. Nelly Oudshoorn, professeure de sciences et techniques à l’université d’Amsterdam, fait aussi remarquer qu’en introduisant la distinction entre sexe et genre, entre sexe social et sexe biologique, les féministes ont finalement reproduit la division traditionnelle des tâches entre sciences sociales et sciences biomédicales. il a fallu attendre les années 1980 pour que des biologistes féministes et des historien-ne-s des sciences remettent scientifiquement en cause la naturalisé du corps. (…). » Extrait 3, tiré de la 2e partie: « (…) La Fédération française de football lui a donné raison en initiant, il y a quelques années, une action apure!s des enfants intitulées ‘football des princesses’. Quand un garçon rêve de foot, il s’imagine en Cnatona ou en Zidane. Une fille, elle, doit faire un immense effort d’imagination pour se voir footballeuse e frou-frou, chevelure vaporise, escarpins et diadème… Alors que la Fédération désire toucher et motiver le public féminin, elle menace en même temps les avancées avec de tels stéréotypes. Et ce d’autant plus quand elle n’hésite pas à sacrifier les footballeuses au profit de l’audimat. Le directeur général d’une chaîne de télévision pointe ainsi la contradiction, dans une missive cinglante adressée à la FFF pour dénoncer une programmation des matches en défaveur des Bleues (…). » Extrait 4, tiré de la 2e partie: « (…) La Fédération française de rugby s’est elle aussi chargée d’habiller ses joueuses pour leur déplacement en Coupe du monde. tailleurs et talons hauts de rigueur, et tant pis pour celles qui n’en avaient pas l’habitude, comme l’a confié cette joueuse :’Va falloir encore que me déguise en filles !’ Que ce soit avec des shorts trop grands ou des jupettes, avec des tenues affriolantes ou d’une stricte élégance, le désaveu lancinant d’une pratique menaçant le masculin s’exprime dans la dérision du travestissement. On retrouve ce procédé dans les noms d’équipe que les sportives choisissent elles-mêmes; Quand elles s’appellent les Pachyd’Herm, les Crazy Dolls, les Aloses ou les Pintades, elles usent d’autodérision, reproduisant symboliquement l’idée que le sérieux véritable serait réservé aux hommes. (…). » Extrait 5, tiré de la 2e partie: « (…) Quand des femmes ont eu l’occasion de battre des hommes, leur exploit est resté anecdotique, sans retombée idéologique. C’est ce qu’espéraient pourtant ces Américaines à l’issue du match d’exhibition, surnommé ’The Battle of the Sexes’, opposant Billie Jean King à Bobby Riggs. ce dernier, ancien champion dénigrant le tennis féminin, avait défié la tenniswoman en affirmant qu’aucune joueuse en activité ne pouvait venir à bout d’un retraité. Le défi, remporté par King sur le score de 6-4, 6-3, 6-3, avait soulevé les passions: ‘On estime à trente-sept millions le nombre d’Américains qui regardaient le match en direct à la télévision; trente mille sept cent quarante-deux fans firent la queue pour entrer à l’Astronome de Houston… (…). » La rédaction « Des femmes et du sport », aux éditions Payot, 18 euros

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« DES FEMMES ET DU SPORT » : L’ESSAI DE ANNE SAOUTER EST EN LIBRAIRIE

Texte : La rédaction. Montage Sportiva

PARUTION. Après avoir proposé, il y a dix ans, un premier essai où elle interrogeait le rugby et la pratique féminine, Anne Saouter a sorti ce 20 avril un deuxième essai, qui balaye plus large en s’interrogeant sur la réalité du sport - des sports - vécu(s) par les femmes. Avant un compte-rendu de lecture que Sportiva publiera dans les prochains jours, voici quelques extraits de cet ouvrage de 183 pages publié par les éditions Payot. (Article de 5 000 signes en accès libre).

L’ouvrage est conçu en trois parties. La première est intitulée « Comment le sport devint féminin et comporte 3 parties (« Elles n’étaient pas préparées », « Des débuts qui semblaient prometteurs » et « Un pas en avant »). La seconde porte le titre « Bon corps ne saurait mentir et s’articule en 3 parties (« Pour (...)

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