SPORTIVA

Le sport au féminin

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    • 2013-06-17 00:00:00
    • SOUS LES PALMIERS, LA RAGE
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    • Le 3e test-match de la tournée des Bleues s’est joué dans la fournaise du Home Depot Center de Carson. Les Françaises ont remporté une victoire sans doute fondatrice pour la Coupe du monde 2014 qui se tient en France. Notre envoyé spécial, raconte ce match âpre et intense, de haut-niveau et au suspens total jusqu’à la dernière minute. Reportage exclusif. Les tournées aux antipodes ont cela de bon qu'elles permettent de consolider un groupe, créer des repères communs et une base de travail pour l'avenir. Comme souvent au rugby, elles offrent de grandes émotions. Pour les sensations fortes, les Bleues en tournée en Californie ont été servies, le temps de trois confrontations avec les rugueuses Eagles américaines. Après deux tests-matchs préliminaires au goût d'inachevé, une défaite inaugurale (10-13) le 7 juin, suivie d'une victoire sur le fil (27-25) le 11 juin, les Bleues débarquent à Los Angeles ce vendredi 14 juin pour s'offrir quelques certitudes et le plein de confiance. Le sorcier de Cambridge C'est peu dire jusqu'ici que le compte n'y est pas : départs tonitruants, suivis d'un relâchement coupable en deuxième mi-temps et d'égarements dramatiques en défense. Est-ce le mental ? L'usure physique après une longue saison ? Ce serait faire fi de l'opposition offerte par des locales qui aiment le combat et prônent le jeu à outrance, selon le credo de leur charismatique entraîneur anglais, Pete Steinberg. Avant le début de la rencontre, programmée en ouverture (double-header) du match Etats-Unis-Tonga chez les hommes, le sorcier de Cambridge livre ses impressions à Sportiva, tandis qu'il foule la pelouse gorgée de soleil du champêtre Toro Stadium, à l'ombre du Home Depot Center, l'antre des footballeurs du LA Galaxy. « Quel que soit le résultat aujourd'hui, je suis ravi de cette série de matches contre les Françaises, sourit Steinberg. Le but est atteint. Nous avons montré un beau visage. Nous savons que nous pouvons rivaliser avec n'importe quelle équipe. Il nous reste beaucoup à travailler mais le squad a montré qu'il avait du potentiel en vue de la coupe du monde. Et nous avons en outre un bon réservoir de joueuses, que nous avions à cœur de voir à l'oeuvre en faisant tourner au maximum ». Et ce troisième test-match ? Pourquoi Kate Daley, troisième-ligne centre auteure de deux essais et d'une performance majuscule, n'est-elle pas titularisée ? « Elle a plutôt un profil de coureuse, et nous savons que les Françaises vont tenter de rééditer une entame de match très costaude, poursuit Steinberg. Notre pari est qu'elles vont baisser de régime, en deuxième mi-temps, comme lors des deux précédentes rencontres. On fera rentrer la cavalerie à ce moment-là, quand leurs jambes seront lourdes. Avant, il s'agira de rivaliser dans le combat et de leur tenir tête». 1e mi-temps Rivaliser, les Eagles savent le faire assurément en ce début de match, dont le coup d'envoi est donné sous un soleil de plomb, à 17h. D'entrée, la possession de balle est américaine, l'agressivité aussi. Les Françaises, bousculées devant, fébriles derrière, peinent à s'extirper de leur moitié de terrain. À la surprise générale, et malgré les avertissements, la rage est dans le camp US, poussé par un public nombreux, joyeux et potache. Et motivé par ce combat pour les deux douzaines d'US Marines en uniforme venus encourager les girls. Absence coupable et entame manquée, ou stratégie révisée côté bleu ? Les coaches, Nathalie Amiel et Christian Galonnier ont visiblement tiré les enseignements des deux premiers test-matchs, et peut-être relu la fable du lièvre et de la tortue : mieux vaut partir en mode diesel et finir en trombe que l'inverse. La puissance française Après avoir laissé la furia US s'épuiser, les avants françaises enclenchent la marche avant, cornaquées par leur capitaine et demi de mêlée, Marie-Alice Yahé. Après plusieurs temps de jeu et deux essais refusés par l'arbitre néo-zélandaise Nicky Inwood, l'action rebondit à droite des poteaux adverses. « Poutre !» annonce Marie-Alice Yahé. La combinaison pour l'attelage de la seconde ligne française, qui part au ras. Deuxième tentative, infructueuse. Derrière, Aurélie Bailon ne cesse d'alerter sa demi de mêlée. «Je suis prête », répète-t-elle posément, annonçant la combinaison à ses centres. Mais ce ne sera pas la peine : Safi Ndiaye décide d'y retourner seule, encouragée par sa 9. Cette fois, c'est la bonne. Les Américaines, qui ont défendu comme de beaux diables, sont emportées par la marée. La puissance du pack bleu a parlé. La transformation est tentée, et réussie, par Aurélie Bailon. 7-0 à la 19e minute ! En face, les Eagles ont une arme fatale, leur demi d'ouverture Sadie Anderson, dure au mal et résistante au placage par ses appuis déconcertants. Il faut plusieurs Bleues, en mode double voire triple lame, pour la mettre au sol. La première mi-temps accouche d'un scénario inédit : les Françaises font donner le pack et sa science de la cocotte, tandis que les Américaines envoient la brigade légère, Sadie Anderson et ses deux ailières de concours, la 11 Kmiecik et la 14 Erica Cavanaugh. Lors d'une touche trouvée par les Bleues sur les 22, les Eagles constatent que les Françaises se placent en marchant, les mains sur les hanches, visages rougis. « Elles n'y sont plus ! Elles sont explosées !», hurle Jossy Tseng à ses coéquipières. Défaites, les Françaises semblent accuser le coup. Après une série de passes volleyées et de renversements de jeux sous les poteaux, brillamment orchestrés par la frêle (c'est bien la seule) demi de mêlée US, Jossy Tseng, et sa compère de la charnière, Kmiecik sortie de son aile gauche marque en débordement à droite. La transformation est réussie par Anderson, et voilà les Eagles qui égalisent, 7-7 à la 31e minute. Le coup des bretelles à la mi-temps C'est sur ce score de parité qu'est sifflée la mi-temps. Les Eagles disparaissent sous la tribune populaire chercher de l'ombre, tandis que les Françaises vont se réfugier sous un chapiteau dressé au loin derrière la pelouse. Dans le brouhaha ambiant, la voix des coaches français s'élève, sévère. Les Bleues ont visiblement droit à une bonne remontée de bretelles. A nouveau, les Américaines sont parvenues à recoller aux wagons. On imagine les arguments : il faut arrêter de les regarder jouer, arrêter de faire tomber ces ballons derrière, et il faut faire ce que l'on sait bien faire. Porter ce fichu ballon, le garder au chaud dans le pack, et toi, Aurélie (Bailon, 10), coups de pied tactiques pour contenir ces Eagles chez elles. A part ça, plaquer, plaquer, plaquer, les empêcher de jouer ce jeu de mouvement sur lequel elles fondent visiblement tous leurs espoirs. 2e mi-temps Seule satisfaction réelle de cette première mi-temps, hormis la révolte des avants et l'essai en force de Safi Ndiaye, la fiabilité d'Aurélie Bailon au pied, qui va se confirmer en deuxième période. Face à elle, Sadie Anderson rate à peu près toutes ses pénalités. Bailon, elle, enfile les points comme des perles, à mesure que la furia du pack US s'épuise. Emoussées, les avants américaines sont de plus en plus pénalisées pour leur indiscipline, notamment dans le jeu au sol. Le score enfle en faveur des Bleues : 10-7, puis 13-7, entre la 50e et la 53e minutes. Le jeu s'emballe, des actions au large avortent des deux côtés. Les arrières bleues trouvent des intervalles, mais aucune action n’aboutit. Côté américain, Sadie Anderson hérite de deux pénalités, mais ne parvient pas à trouver le chemin des poteaux. On sent que le ko est proche. Il sera en faveur de la France. Sur les 22 US à gauche, un maul bleu se forme. L'entente parfaite entre les avants, Marie-Alice Yahé en maître d'œuvre qui appelle, rassemble, dirige, redresse, rééquilibre … et la cocotte progresse sur plus de 20m. Essai ! Marqué en force par Gaëlle Mignot, avec tout le pack en 4 roues motrices dans son sillage. C'est admirable de maîtrise, et c'est bien joué. Débauche de jeu Les Eagles, tête basse, marquées par l'épreuve de force, bloquées en marche arrière, accusent le coup. Les jambes, subitement, sont lourdes. Aurélie Bailon manque la transformation. On en reste à 18-7, à la 65e minute. Les Américaines n'ont plus le choix : il faut jouer, jouer et marquer. Les relances se multiplient, mais échouent. La possession s'équilibre mais les Françaises tiennent le ballon, et suivent un schéma rigoureux : plusieurs phases avec les avants, coup de pied de déplacement de Bailon pour ses ailières démarquées. A chaque fois un peu trop loin. Et puis survient la catastrophe : carton jaune pour Élodie Portariès. La joueuse, interloquée, désemparée, s'éloigne de ses camarades tandis que les Eagles jouent vite, à la main, dans les 22 français, pour l'hallali. La scène est surréaliste : la Française hésite, s'arrête, se retourne, comme si elle ne pouvait se résoudre à quitter le terrain dans un moment aussi crucial. Se pourrait-il qu'après tous les efforts consentis, la France perde la mise pour une faute qu'elle n'accepte pas vraiment ? Le numéro de Erica Cavanaugh Retour à la réalité, Portariès se résigne et allonge la foulée pour vite rejoindre le banc, recevoir des accolades qui ne compensent pas le manque, cruel. Dans son dos, les Eagles flairant l'odeur du sang, cherchent à tuer le match. Les Eagles ratent une première fois l'essai de l'espoir, après un en-avant littéralement dans l'en-but français. Mais il y a le feu : sur un exploit retentissant, l'ailière US Erica Cavanaugh échappe à trois placages et marque entre les poteaux. Anderson manque la transformation à son tour. 18-12 pour la France à la 76e. Il reste quatre minutes à jouer à quatorze. Seul le sang frais, côté Bleues, peut inverser la désillusion qui se dessine. Trois minutes plus tôt, toute la première ligne a été changée. Mardi, le banc n'avait pas apporté le bol d'air et de fraîcheur nécessaires. Les remplaçantes, cette fois, donnent tout, et vont sauver la patrie. Arc-boutées à quatorze le long de leur ligne, la rage au ventre. A 1 minute de la fin, les Eagles, survoltées, campent dans l'en-but français. La dernière mêlée, à 5m de la ligne, est emportée par les Bleues, qui font avaler leur casquette au pack américain sur les jantes, qui se croyait pourtant à deux doigts de porter le coup de grâce. « On avait envie de montrer aux coaches qu'on avait la rage et qu'on allait tout bouffer, même si on rentrait sur la fin, s'enthousiasme Lise Arricastre. Je crois qu'on leur a montré !» Dans la foulée, Yanna Rivoalen hérite du ballon et peut passer en retrait à Aurélie Bailon qui dégage in extremis en touche, malgré une tentative de contre américain désespérée. L'arbitre siffle la fin du match. Les Françaises se tombent dans les bras, crient leur joie d'en avoir fini avec cette saison interminable et, au passage, d'avoir terrassé des Eagles opiniâtres. « On avait le souffle court, commente Marie-Alice Yahé, heureuse et soulagée après ce nouveau suspense infernal. Mais je crois que les Américaines étaient aussi crevées. Et on a su faire la différence». Pack, Charnière et ambition Sur le bord de touche, Nathalie Amiel et Christian Galonnier peuvent sourire : malgré un ultime baroud d'honneur des Eagles, leur équipe a su inverser cette pression négative qui lui pesait sur les épaules, et canaliser sa fougue pour résister 80 minutes durant aux assauts adverses. Il s'offre aussi quelques certitudes : un pack tout terrain, avec une deuxième ligne de poutres et l'inoxydable, inarrêtable (irremplaçable ?) Safi Ndiaye comme fer de lance, et des piliers interchangeables, capables de faire la différence ; à l'arrière, Marie-Alice Yahé et Aurélie Bailon forment une charnière sur laquelle on peut toujours compter, capable de gérer les temps faibles, la première en chef de bande idéale lorsqu'il s'agit de cornaquer ses avants, la seconde ultra-fiable au pied et qui, malgré son gabarit léger, ne se défile pas en défense. Même face à des armoires à glace bodybuildées comme la (talentueuse) Sadie Anderson, qui vient sans doute de s'offrir les clés du truck américain en vue de la prochaine coupe du monde en France. Si certaines de ces pensées traversent les entraîneurs bleus, l'heure n'est plus aux calculs et aux compositions idéales. Abandonnant ses cahiers et ses stylos, le staff français rejoint les Bleues qui dansent et chantent sur la pelouse, emmenées par Assa Koïta et Coumba Diallo. Dans un coin, Élodie Portariès, émue aux larmes, n'a visiblement toujours pas digéré son carton jaune, qui aurait pu coûter le match aux Bleues. Ses camarades et le staff viennent lui apporter leur réconfort. Même sans elle, à 14, les Bleues ont serré les rangs, serré les dents, et sont allées se la peler, cette victoire ! Un cercle se forme au milieu de la pelouse, tandis que résonnent les échos des Eagles rassemblées un peu plus loin sous les poteaux. Les coaches français, Nathalie Amiel et Christian Galonnier, prennent la parole, puis la capitaine courage, Marie-Alice Yahé. Les paroles fortes résonnent dans les têtes rougies et les corps meurtris par l'effort, dépassent largement la portée de ce match et de cette tournée : honneur à tout un groupe qui a su être solidaire, repousser ses limites même quand il n'était pas au mieux, aux remplaçantes, celles qui ne sont pas rentrées et n'étaient pas sur la feuille de match pour ce dernier test. L'objectif, rappelle Marie-Alice Yahé à ses coéquipières, reste la Coupe du monde, l'année prochaine en France. Et le plus dur reste à venir : que personne ne se fasse d'illusion, l'opposition, les Anglaises, les Sud-africaines, les Australiennes, sera encore un cran au-dessus. Mais il sera toujours temps d'en reparler. L'heure des vacances a sonné ! Sous les palmiers, la plage – enfin. M.P. à Los Angeles

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SOUS LES PALMIERS, LA RAGE

Maurin Picard (texte et photo), envoyé spécial pour Sportiva à Los Angeles

Le 3e test-match de la tournée des Bleues s’est joué dans la fournaise du Home Depot Center de Carson. Les Françaises ont remporté une victoire sans doute fondatrice pour la Coupe du monde 2014 qui se tient en France. Notre envoyé spécial, raconte ce match âpre et intense, de haut-niveau et au suspens total jusqu’à la dernière minute. Reportage exclusif.

Les tournées aux antipodes ont cela de bon qu'elles permettent de consolider un groupe, créer des repères communs et une base de travail pour l'avenir. Comme souvent au rugby, elles offrent de grandes émotions. Pour les sensations fortes, les Bleues en tournée en Californie ont été servies, le temps de trois confrontations avec les rugueuses Eagles américaines. Après deux tests-matchs préliminaires au goût d'inachevé, une défaite inaugurale (10-13) (...)

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