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    • 2015-02-09 00:00:00
    • UNE NOUVELLE ÈRE POUR LE XV DE FRANCE
    • Rugby
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    • RUGBY A XV. Six mois après la Coupe du monde et son «buzz» médiatique, l'équipe de France de rugby a retrouvé le terrain samedi après-midi à La Roche-sur-Yon (Vendée) pour entamer le Tournoi des Six Nations 2015. Face à l'Écosse, largement battue 42-0 non sans quelques imperfections, elles n'étaient que onze au sein du groupe de vingt-trois à avoir vécu l'ambiance du stade Jean-Bouin. Pas trop dépaysées au stade Henri-Desgrange de La Roche-sur-Yon, copieusement rempli par 6000 spectateurs, les Bleues et leur nouvel entraîneur Jean-Michel Gonzalez y ont entamé une nouvelle histoire. Récit, feuille de match et réactions de Gaëlle Mignot, Yanna Rivoalen, Nathalie Janvier et Jean-Michel Gonzalez côté français, de Jules Maxton et Tracy Balmer côté écossais. (6393 signes) Que de nouveaux visages ! Certaines joueuses ont pris leur retraite, d'autres font un break, une poignée mise sur le sevens prochainement olympique. Le staff lui-même a été presque intégralement renouvelé. Au revoir Nathalie Amiel et Christian Galonnier. A bientôt Annick Hayraud. Bonjour Jean-Michel Gonzalez, entraîneur principal, et Philippe Laurent, son adjoint. Bienvenue Karl Janik, le manageur des Bleues. Seule Nathalie Janvier, chef de délégation, continue l'aventure. Et c'est d'ailleurs cette dernière qui s'est présentée la première à la presse samedi, quelques minutes après le franc succès des Tricolores, 42-0, contre l'Écosse. «C'est un bon début face à une belle équipe d'Écosse et avec une jeune équipe de France, déterminée, analyse la patronne du rugby féminin français. Nos petites jeunes ont montré de la rage de vaincre alors que les anciennes ont lancé la locomotive pour pousser ces jeunes vers la victoire.» Période post-Coupe du monde et qualification olympique pour le sept obligent, les vannes ont été ouvertes pour accueillir en bleu de nouveaux éléments. Caroline Boujard, Wendy Divoux, Clara Neisen, Marie Menanteau, Céline Ferer, Pauline Rayssac et Camille Cabalou ont ainsi honoré une première cape au sein du XV de France. La dernière nommée, brillante à l'ouverture, a même été titularisée, montrant une belle complicité avec la demi-de-mêlée lilloise Yanna Rivoalen. «On leur a dit qu'il fallait qu'elles se fassent plaisir, assure la capitaine Gaëlle Mignot. Quoi qu'il se passe, on sera derrière elles ! Maintenant, elles sont intégrées. Il n'y a plus de jeunes ou d'anciennes mais une seule équipe de France. Elles l'ont démontré sur le terrain par leur fraîcheur.» «Beaucoup de déchet» Le melting-pot intergénérationnel, plus marqué à mesure que l'entraîneur des Bleues Jean-Michel Gonzalez a procédé aux changements, est la nouvelle griffe du XV de France. Mais, pour l'ancien entraîneur de l'AS Bayonne, pas de rapport de cause à effet entre l'entrée sur la pelouse des jeunes et la perte de repères en deuxième période. «Le bateau commençait à tanguer avant, corrige-t-il. Au contraire, elles ont amené un peu de fraîcheur et de folie.» Cette nouvelle aventure a beau commencer par une large victoire 42-0, agrémentée par sept essais, elle n'en demeure pas moins imparfaite. Loin s'en faut. «Ce score est peut-être flatteur, illustre Nathalie Janvier. Il faut garder les pieds sur terre car il y a eu beaucoup de déchet technique. Il ne faut pas en être fier et on ne peut pas se contenter de cette manière. Il y a énormément de travail.» Même son de cloche chez Yanna Rivoalen, la n°9 des Tricolores : «La victoire est au bout, c'est donc tout positif. Après, on a quand même énormément de détails à régler...» Et Gonzalez d'identifier les tares de cette équipe de France : «Conservation du ballon, déplacement des filles. Plus de réactivité en défense. En deuxième période, on a rendu des ballons, on a fait des fautes au sol, des en-avant, peut-être à cause de la fatigue ou par l'envie de finir les actions trop tôt.» Des erreurs, des errances mêmes, mais rien de plus normal pour commencer «une nouvelle aventure», dixit Mignot. «De par nos propres erreurs en début de deuxième période, des touches manquées, des mêlées sur lesquelles on est pénalisées, des fautes au sol, on les remet dans la partie», énumère et complète d'ailleurs la talonneuse montpelliéraine. De retour à Marcoussis dimanche, au lendemain de leur succès à La Roche-sur-Yon, les Bleues ont replongé dans le travail entamé début janvier à Romans-sur-Isère, lors du premier stage de rassemblement des Bleues, version Janik-Gonzalez-Laurent. A ce titre, Gonzalez ne cache pas avoir eu peu de temps pour travailler. «Le groupe, je ne le connaissais pas, confie-t-il. Je l'ai vu trois jours à Romans, deux jours à Marcoussis les 21 et 22 janvier. Et on est ensemble depuis mardi (le 3 février, ndlr) matin. On a travaillé un peu dans l'urgence en ayant un peu tout à faire.» Ce que souligne également Rivoalen : «On a travaillé comme on a pu sur les cinq jours avant le match...» La semaine qui s'ouvre s'annonce donc précieuse pour éveiller un peu plus les automatismes et resserrer les boulons de la machine tricolore, tenante du Tournoi, Grand Chelem à la clé en 2014. «Contre l'Irlande (le 13 février à Ashbourne, ndlr), on devra être beaucoup plus costaud», admet l'entraîneur des Bleues, alerte sur la faiblesse écossaise et conscient, comme Nathalie Janvier, de la tâche qui attend le staff. «L'objectif est de monter crescendo pour être au point en 2017», précise la chef de délégation en évoquant l'année programmée de la prochaine Coupe du monde. En somme, reconstruire la maison sur les solides fondations coulées l'an dernier à Jean-Bouin. Ch.L. Côté écossais... «On ne peut pas se satisfaire du résultat, confie l'entraîneure Jules Maxton. Mais depuis deux mois, il y a un engagement très ferme en faveur du rugby féminin et j'espère que vous verrez les résultats dans dix ans. Le premier objectif cette saison est d'engranger des points au classement.» Ce que n'a plus fait l'Écosse depuis le tournoi 2010, ayant récolté la cuillère de bois ces quatre dernières années. A ce titre, la fédération écossaise, qui pensait mettre fin à son investissement pour le rugby à XV féminin féminin il y a deux ans, a revu sa position après la Coupe du monde, mettant fin à deux saisons de vaches maigres. «C'est dur mais le groupe doit rester soudé, souffle la capitaine Tracy Balmer à propos de la défaite. Tout n'est pas négatif. Si on regarde où nous étions il y a deux ans et notre niveau actuel, il y a des progrès indéniables. L'idée, c'est de progresser match après match, de se rapprocher petit à petit au tableau d'affichage. On est absolument convaincu que les résultats vont suivre.» Feuille de match France – Écosse 42-0 (mi-temps : 27-0) Points français : sept essais de Grand (5e), Trémoulière (13e), Billes (26e, 35e, 53e), Héguy (64e) et Poublan (74e), deux transformations (5e, 26e) et une pénalité de Trémoulière (21e). France : Trémoulière (Neisen, 61e) – Delas (Boujard, 41e), Chobet, Poublan, Héguy, Billes – (o) Cabalou, (m) Rivoalen (Menanteau, 72e) – Grand (Rayssac, 70e), N'Diaye, Diallo – De Nadaï (Rayssac, 54e), André – Duval (Ferer, 54e), Mignot (cap) (Divoux, 61e), Arricastre (Portaries, 75e). Entraîneur : Gonzalez. Écosse : Inglis – Maxwell (Sinclair, 68e), Rollie, Deans (Bain, 68e), Evans – (o) Martin, (m) Law (Grieve, 66e) – O'Donnell (Fahey, 50e), Konkel, Dunbar – Wassell, McCormack (Cook, 50e) – Balmer (cap) (Smith, 74e), Skeldon (Quick, 25e), Lockhart (Robertson, 58e). Entraîneur : Maxton.

ACTUALITES

Rugby

UNE NOUVELLE ÈRE POUR LE XV DE FRANCE

Texte et photo : Christophe Lemaire, envoyé spécial à La Roche-sur-Yon (Vendée)

RUGBY A XV. Six mois après la Coupe du monde et son «buzz» médiatique, l'équipe de France de rugby a retrouvé le terrain samedi après-midi à La Roche-sur-Yon (Vendée) pour entamer le Tournoi des Six Nations 2015. Face à l'Écosse, largement battue 42-0 non sans quelques imperfections, elles n'étaient que onze au sein du groupe de vingt-trois à avoir vécu l'ambiance du stade Jean-Bouin. Pas trop dépaysées au stade Henri-Desgrange de La Roche-sur-Yon, copieusement rempli par 6000 spectateurs, les Bleues et leur nouvel entraîneur Jean-Michel Gonzalez y ont entamé une nouvelle histoire. Récit, feuille de match et réactions de Gaëlle Mignot, Yanna Rivoalen, Nathalie Janvier et Jean-Michel Gonzalez côté français, de Jules Maxton et Tracy Balmer côté écossais. (6393 signes)

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