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Le sport au féminin

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    • 2016-11-12 00:00:00
    • MMA : UNE ÉVOLUTION QUESTIONNÉE
    • Autour du sport
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    • ARTS MARTIAUX MIXTES. La montée en puissance du MMA, sport violent et spectaculaire, est permanente. Les polémiques qui entourent cette évolution du spectacle sportif ne faiblissent pas non plus. La France, souvent singulière par ses règlements et sa structuration sportive, résiste à ouvrir les vannes à cet affrontement, circonscrit à un ring fermé d’une grille, dont l’image n’est pas bonne mais dont le business potentiel attise les initiatives. Le refus ministériel, par un décret en date du 3 octobre dernier, d’accorder l’autorisation des compétitions et la publications mardi 8 novembre d’un rapport parlementaire sur cette pratique, ont installé le débat au centre de la vie sportive hexagonale. Sportiva, qui s’intéresse depuis ses débuts aux nouvelles pratiques, fait le point : résumé et perspectives dans un contexte très peu mixte… (Article de 6 000 signes). La présentation du rapport parlementaire concernant le MMA (Arts Martiaux Mixtes), commandé par le Premier Ministre début 2016, a été l’occasion d’une passe d’arme entre les deux parlementaires rapporteurs et le Secrétaire d’Etat à qui il était remis. Patrick Vignal (député PS de la Drôme) et Jacques Grosperrin (Sénateur LR du Doubs), ont tranquillement essuyé les critiques du représentant de l’État pour répondre ensuite point par point. Thierry Braillard, lui, n’a, pas bougé d’un millimètre derrière son pupitre, pour camper sur la position dorénavant officielle française : interdiction confirmée de l’organisation sur notre territoire des combats de ce sport émergent. «C’est une phénomène de société, pas une mode», n’ont eu de cesse de souligner les deux rapporteurs, qui, pour être d’anciens judokas tous les deux, semblent avoir pris fait et cause pour cette pratique qui peut se résumer à un affrontement de deux combattants dans l’espace d’un ring fermé d’une grille et où tous les coups sont permis. Pour les deux élus, leur travail a été consistant puisqu’ils ont auditionné près de 140 personnes parmi des sportifs, des représentants d’associations liés au MMA, des responsables fédéraux et des personnes qualifiées (Voir note). Leur état des lieux est donc ample et leur permet de pointer deux inquiétudes : «à une époque où l’on parle beaucoup des valeurs de la république il faut s’interroger sur les conditions de pratique du MMA» et «si ce n’est pas l’Etat qui gère, ce sera délicat…» . Partant de là, ils font un certain nombre de recommandations qui ressemblent à des lignes directrices dans lesquelles le MMA, en construction dans tous ses aspects, devrait s’inscrire. Les deux rapporteurs pointent l’hypocrisie qui selon eux existe autour du MMA dont il faut bien reconnaître le poids social : des dizaines de milliers de licenciés (20, 30 ou 40 000, personne n’est aujourd’hui en état d’être précis) et une manne télévisuelle qui échappe, sous-entendu ‘bêtement’, à la France puisque la diffusion des combats y étant interdite, c’est par l’intermédiaire de RTL 9, ou par l’Internet, que le public hexagonal suit ce sport. «Nous sommes d’abord sur l’éducation» : Vignal et Grosperrin Pour eux il faut effectivement différencier la pratique amateur et professionnelle. «Quand il s’agit de violence, disent-ils il faut dire que nous sommes d’abord sur l’éducation. On veut donc : une organisation, une réglementation, une législation». Voulant garder la trame qui fait le sport français Vignal et Grosperrin défendent donc une lisibilité dans l’enseignement, l’arbitrage. Ce qui passe à l’évidence par des diplômes et des structures officielles et contrôlées de référence. Ils préconisent en conséquence, comme mesure phare, la création d’un observatoire par la Confédération des arts martiaux et des sports de combat (CFAMSC). Cet observatoire mettrait en place une commission destinée à encadrer (comprendre: sécuriser) la pratique du MMA. au niveau amateur. Pour Grosperrin et Vignal cette commission devrait être intégrée par des Universitaires, des sociologues. et surtout elle devrait démarrer en janvier prochain. Thierry Braillard, le Secrétaire d’État aux sports, qui reconnaît la validité et l’ampleur du travail fourni pour ce rapport parlementaire, rejoint la partie des conclusions concernant le côté amateur en déclarant : " Ce qui me semble important, c’est que la pratique des Arts martiaux Mixtes au niveau amateur soit encadrée. Il va donc falloir regarder l’enseignement et donc donner tutelle à cette Confédération. L’important c’est l’éducation.» En revanche le représentant du gouvernement n’a pas bougé d’un millimètre sur l’autre aspect : l’autorisation des combats au niveau professionnel. «La position du gouvernement est définie et transparente : la publication de l’arrêté n’est pas importante sur la date (avant la remise du rapport parlementaire) mais sur le fond: la pratique amateur est notre priorité, le reste c’est autre chose…» «Je ne peux accepter des combats dans une cage»: Thierry Braillard Thierry Braillard a insisté sur les arguments à partir desquels la décision officielle est prise et assumée. La recommandation R.99-11 du Conseil de l’Europe d’abord, en date du 22 avril 1999 où il est stipulé : «….recommande aux gouvernements des états membres d’entreprendre toutes les mesures nécessaires pour interdire et empêcher les combats libres tels que la lutte en cage…» . Il a fait état aussi de la position du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) qui affirme "...que les retransmissions de MMA portent atteinte à la dignité des participants, qu'elles sont susceptibles de nuire gravement à l’épanouissement physique, mental ou moral des mineurs et qu’elles sont contraires à l’ordre public" . Le Secrétaire d’État, enfin, a insisté sur sa positon personnelle : «Je ne peux accepter des combats dans une cage, des coups portés à un homme ou une femme au sol…» Les deux rapporteurs ont alors, dans une réaction inattendue, et qui montre le niveau de tension autour de se apport, repris point par point Thierry Braillard notamment sur deux aspects : la cage et les coups au sol. «La cage est indispensable car elle est garante de la sécurité des combattants. On doit l’appeler ‘Octogone’. Et les coups portés au sol ne sont pas dangereux, même s’ils sont spectaculaires. Le problème se situe plutôt dans la liaison debout-sol…» Au bout du compte Vignal et Grosperrin proposent une réflexion sur une ligue pro et avancent que l’histoire est en marche… «si on n’encadre pas, ça se développera de toute façon. Il y a une attente, les gens veulent pratiquer ce sport…» L’affaire est à suivre car le MMA se situe aux frontières des pratiques, dans une mouvance pour l’instant déréglementée, ou du moins pas assez encadrée, et avec un appât du gain qui tend à imposer ses seuls arguments. @Jacques_Cortie NOTE Dans la liste des personnes auditionnées qui figurent dans les annexes du rapport, on note la présence de 8 femmes seulement : - Alexandra Mielle et Delphine Habert (membres du CSA) - Corinne Navarro (DTN de la FFKDA) -Brigitte Deydier ((ex DTN de la FFJDA, CTS à la FF Golf) -Giliane Delourme (Co-directrice de Fight Ness Gym et arts martiaux) - Amélie Meynard (Canal + ) -Françoise Chaptal (365/ Sports Stratégies / AFP) -Tatiana Vassine (avocate spécialiste du droit du sport)

ACTUALITES

Autour du sport

MMA : UNE ÉVOLUTION QUESTIONNÉE

Texte : Jacques Cortie / Photo : Sportiva-infos

ARTS MARTIAUX MIXTES. La montée en puissance du MMA, sport violent et spectaculaire, est permanente. Les polémiques qui entourent cette évolution du spectacle sportif ne faiblissent pas non plus. La France, souvent singulière par ses règlements et sa structuration sportive, résiste à ouvrir les vannes à cet affrontement, circonscrit à un ring fermé d’une grille, dont l’image n’est pas bonne mais dont le business potentiel attise les initiatives. Le refus ministériel, par un décret en date du 3 octobre dernier, d’accorder l’autorisation des compétitions et la publications mardi 8 novembre d’un rapport parlementaire sur cette pratique, ont installé le débat au centre de la vie sportive hexagonale. Sportiva, qui s’intéresse depuis ses débuts aux nouvelles pratiques, fait le point : résumé et perspectives (...)

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