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Le sport au féminin

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    • 2017-05-04 00:00:00
    • LE MAGENTA PROJECT, OU COMMENT BOOSTER LA VOILE FEMININE
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    • VOILE. Elles sont présentes et obtiennent des résultats dans une discipline où les hommes sont prédominants. Pour braquer les projecteurs sur elles et inciter les jeunes femmes à prendre leur sillage, elles ont crée il y a 2 ans, le Magenta Project, premier réseau sportif international de navigatrices professionnelles. Lorsqu’elles s’élancent de Deauville pour la 47e édition de La Solitaire BOMPAR Le Figaro le 19 Juin 2016, les 5 navigatrices participant à cette course arborent les couleurs du Magenta Project. Elles viennent d’être intronisées « ambassadrices » du réseau par Samantha Davies, le skipper de l’équipage féminin SCA sur la dernière Volvo Ocean Race (2014-2015). Ensemble pour se dépasser Ainsi avec les Françaises Cécile Laguette, Claire Pruvot, et Sophie Faguet, La Suissesse Justine Mettraux et l’Anglaise Mary Roock, le Magenta Project (Voir note 1) arrive en France, apportant son soutien aux 5 navigatrices engagées dans cette épreuve comptant pour le Championnat de France élite de course au large en solitaire. C’est la première fois qu’elles sont aussi nombreuses à y participer. Toutes ont déjà beaucoup navigué, même si, pour les trois Françaises, c’est leur premier engagement sur la Solitaire. Basé en Angleterre, le Magenta Project rassemble ainsi quelques unes des meilleures navigatrices mondiales, pour la plupart originaires du monde anglo-saxon, et, comme tout réseau, il a vocation à s’étendre. Pour quoi faire et comment ? Le Magenta Project est un élan, une force collective prolongeant et amplifiant l’expérience de l’équipage 100% féminin SCA sur la dernière Volvo Ocean Race. Navigatrices de haut niveau mais nouvelles sur cette course autour du monde en équipage et par étapes, n’ayant jamais navigué ensemble, toutes ont beaucoup appris et beaucoup progressé, remportant même l’étape de Lorient. Malheureusement, la Volvo Ocean Race n’a pas été le tremplin espéré pour leurs carrières, contrairement aux concurrents masculins. D’où l’idée du réseau qu’elles lancent dès 2015 pour assurer la promotion des navigatrices de haut niveau via le partage d’informations concernant leurs projets. Cette visibilité orchestrée leur confère un rôle de modèle pour les plus jeunes avec qui elles s’engagent à partager leur expérience au gré des opportunités Faire connaître et promouvoir « C’est formidable d’avoir un lieu où n’importe quelle personne intéressée peut trouver des informations sur tout ce qui se fait dans la voile féminine, qui fait quoi et qui est disponible », explique Samantha Davies. Ce lieu, c’est un site Internet, sa page Facebook et son compte Twitter. Le Site recueille les informations et assure la promotion des principaux projets, la page Facebook informant sur l’actualité au jour. Il est possible de communiquer par email et d’être redirigé vers les contacts utiles. Pour Cécile Laguette, « C’est un lieu de contact et de partage d’expérience ». Le Magenta Project n’a pas de budget et chacune de ses membres agit en fonction de ses propres projets. Ainsi, Davies a-t-elle organisé elle-même une conférence de presse à Deauville à la veille du départ de la Solitaire du Figaro 2016. « C’était l’année du Vendée Globe. Il fallait faire quelque chose en France. La Solitaire du Figaro rassemble des navigatrices de très haut niveau. C’était l’occasion de casser la barrière de la langue». À son tour, Cécile Laguette intervient fin décembre au Women’s Forum Global Meeting de Deauville, « le Davos féminin », pour parler de la voile féminine et présenter les objectifs du Magenta Project. Comme Samantha et Cécile en 2016, Justine Mettraux, intervient à Pornichet devant les équipages de la toute récente Women’s cup (11 au 12 mars 2017), une course réunissant navigatrices débutantes et expérimentées. La force du témoignage, ici, donne des clés et insuffle l’énergie nécessaire pour monter les projets. Cette année, le Magenta Project va braquer ses feux sur la Mini Transat (Voir note 2) qui fête ses 40 ans. Pas moins de 10 femmes (Voir note 3) sont annoncées. C’est là qu’on fait ses premières armes quand on aspire à se lancer dans la course au large. Des opportunités pour progresser L’autre moyen d’action du Magenta Project, c’est l’investissement de ses membres dans la formation, soit en organisant des « clinics », stages à durée variable avant ou après une course qui tient lieu de « support », soit en regroupant des navigatrices en vue d’engager une équipe Magenta, comme c’est le cas sur la World Match Racing Tour avec l’Américaine Sally Barkow en tant que skipper. Pour le moment, de telles initiatives ont lieu surtout dans les pays anglo-saxons. Ainsi le stage organisé l’an passé par la Néo-Zélandaise Sharon Ferris sur le circuit « Extrême » avec un GC 32 foilling catamaran. Le stage terminé, Sharon a composé un équipage avec les meilleures et s’est engagée sur une étape. En France, Samantha Davies aimerait organiser un « clinic » pour faire découvrir la classe IMOCA (Voir note 4). Reste à trouver bateau et financement. Cécile, de son côté, réfléchit à une formule sur 1 ou 2 jours « pour des filles intéressées par le circuit Figaro, histoire de leur donner un coup de pouce pour la saison, et de voir avec elles comment on monte un projet. J’ai identifié des besoins». Pour sa part, Justine se désole de ne pouvoir faire plus. Son souhait : « trouver un sponsor pour organiser sur le circuit Figaro, une filière formation réservée aux femmes comme cela existe pour les hommes grâce aux 2 bateaux du Crédit Mutuel dont l’un est réservé aux Espoirs ». Dans la course au large, seul, compte le talent. Hommes et femmes sont à égalité. Tel un équipage féminin géant, le Magenta Project est une force de progression pour toutes les navigatrices. S.G. Notes >1. themagentaproject.org >2.la Mini Transat 2017 part le 1er octobre de La Rochelle pour rejoindre Las Palmas de Gran Canaria puis Le Marin en Martinique, terme de la course. >3. 84 skippers prendront le départ de la La Mini Transat, soit le maximum possible pour l’organisation, dont 10 femmes: Marine André (Fra), Nolwenn Cazé (Fra), Elodie Pédron (Fra), Clarisse Crémer (Fra), Agnès Menut (Fra), Marta Güemes (Fra), Anna Corbella (Esp), Estelle Greck (Fra), Lina Rixens (Ger), Charlotte Méry (Fra). >4.IMOCA du nom de l’association (Internationale Monohull Open Class Association) qui établit les règles, tous les 4 ans depuis 1991, pour les bâteaux destinés aux courses en solitaire transocéanique telles que le Vendée Globe ou la Route du Rhum. Ces gâteaux sont des monocoques de 60 pieds (18,28 m).

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LE MAGENTA PROJECT, OU COMMENT BOOSTER LA VOILE FEMININE

Texte: Sophie Grésigne. Photo SCA

VOILE. Elles sont présentes et obtiennent des résultats dans une discipline où les hommes sont prédominants. Pour braquer les projecteurs sur elles et inciter les jeunes femmes à prendre leur sillage, elles ont crée il y a 2 ans, le Magenta Project, premier réseau sportif international de navigatrices professionnelles.

Lorsqu’elles s’élancent de Deauville pour la 47e édition de La Solitaire BOMPAR Le Figaro le 19 Juin 2016, les 5 navigatrices participant à cette course arborent les couleurs du Magenta Project. Elles viennent d’être intronisées « ambassadrices » du réseau par Samantha Davies, le skipper de l’équipage féminin SCA sur la dernière Volvo Ocean Race (2014-2015).

Ensemble pour se dépasser

Ainsi avec les Françaises Cécile Laguette, Claire Pruvot, et Sophie Faguet, La (...)

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