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Le sport au féminin

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    • 2017-08-30 00:00:00
    • COUPE DU MONDE: UNE HISTOIRE IRLANDAISE (2/2)
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    • RUGBY A XV. ‏L’histoire du XV de France en Coupe du Monde, c’est d’abord celle d’un destin qui se répète à chaque édition. Les joueuses et les staffs changent, mais les résultats restent les mêmes depuis le prem mondial en 1991. Sept demi-finales jouées, toutes perdues pour un seul faux pas, en 1998, sur la route du dernier carré. Pour cette édition 2017, la France termine une nouvelle fois en bronze. Comme en 1991,1994, 2002, 2006 et 2014. Sportiva-Infos était à Dublin et Belfast pour suivre cette histoire irlandaise du XV de France en Coupe du Monde. 2e livraison de la saga des Bleues où l'on voit que les sujets de crispation apparaîssent vite, que les relations avec la presse ne sont pas maîtrisées et que le nouveau staff s'interroge encore comme si tout venait de commencer... Récit. (Article de 5700 signes en accès libre). ‏“On est toutes en pleurs, on n’arrive même pas à parler ni à s’écouter” confie Julie Annery. Les Bleues viennent de s’incliner (3-20) en demi-finale de coupe du monde devant des Anglaises appliquées et à la hauteur de leur statut de championnes du monde en titre. Pendant que les finalistes répondent aux questions des journalistes dans l’espace aménagé par les organisateurs, les Françaises, sont sur un canapé dans un coin de la salle de presse: impossible donc de reccueillir les réactions des deux camps. La troisième ligne aux 30 plaquages tente d’analyser: “On n’a pas été bonnes en conquête. Surtout en touche. On s’est pas trouvées. On a fait des fautes seules..” Les entraîneurs ne se montreront pas pour la conférence de presse. La capitaine Gaëlle Mignot non plus. World Rugby n’ayant pas prévu de zone mixte, il faut, pour avoir quelques chances d'obtenir une réaction, attendre dehors, à la sortie des vestiaires. Une défaite amère Les joueuses et les coachs, en famille, acceptent alors de livrer quelques ohrases à la volée. Le sélectionneur tricolore Samuel Cherouk explique : “La différence entre les Anglaises et nous c’est le pragmatisme. Les trois choses qui nous manquent se sont; les ballons en conquête, le réalisme après les franchissements, et la gestion de nos temps faibles qui a été catastrophique.” Romane Ménager, blessée pour cette demi-finale, cherche les réponses ailleurs après la défaite sur le terrain de ses coéquipières : “si on veut avoir des résultats, je pense que notre statut doit un peu évoluer. Il faut mettre en place des choses pour permettre aux joueuses d’évoluer dans les meilleures conditions.” Manon André, trois coupes du monde à son actif, ne veut pas chercher d’excuses. Surtout pas du côté du changement d’entraîneur en janvier: “Non. Je n’en dirais pas plus. Ce n’est pas une question de préparation.” dit-elle d’un ton sec. Celle qui vient de jouer l’avant-dernier match de sa carrière conclut par une déclaration qui laisse sous-entendre un 's’il vous plait, ne partez pas à la première défaite....'. Quand la presse dérange ‏Couvrir l’équipe de France c’est se confronter au monde amateur et pas seulement sur le terrain. Pour obtenir une conférence de presse il faut passer par la chargée de communication de la FFR basée à Paris. Une routine apprise à nos dépends pendant la compétition, si on ne veut pas risquer une annulation à la dernière minute ou une proposition d’interview par téléphone alors que nous sommes sur place. Au lendemain de la demi-finale, nous ne sommes prévenus de la tenue de la conférence que 45 minutes à l’avance. Un jeu gagnant ...qui perd match décisif et médias... Les joueuses tentent de digérer au plus vite cette défaite pour se projeter vers le match de la 3e place contre les Etats-Unis quatre jours plus tard. Au moment de faire un point sur le projet mis en place il y a seulement sept mois, Annick Hayraud, la manager jure être “dans le vrai.” Le jeu de l’équipe de France “est un jeu gagnant.” L’entraineur Samuel Cherouk explique : “On était persuadés que l’équipe qui jouerait beaucoup et qui déplacerait le ballon, serait championne du monde. Pour moi, ce sport est fait du mouvement perpétuel des joueuses et du ballon. L’attaque doit prendre le pas sur la défense. Il faut que l’on ait des ambitions dans ce jeu-là.” Le samedi 26 août, en tribune de presse, l’effet de la défaite des Françaises en demi-finale se fait ressentir avant même le début du match. Plus que deux journalistes français, sur les sept présents pour le match précédent, ainsi que les équipes de télévision du service public sont en place. La radio publique, qui avait payé les droits de diffusion des phases finales après de longues négociations, ne commentera pas ce match. Sur le terrain les Françaises maîtrisent les puissantes Américaines. Les premières championnes du monde de l’histoire du rugby féminin, s’inclinent 23 à 31. Les Bleues, en bronze, restent dans le stade pour un dernier tour d’honneur. Un staff et une fédération sans projet défini ‏En conférence de presse d’après-match, Julie Annery expédie ses coéquipières. “Allez, il faut encore manger et se doucher. On va rater la finale.” Elle est déçue de la vivre en tribune, “surtout pour les plus anciennes” car elle espère de son côté “avoir d’autres occasions.” Mais devant la finale la plus prolifique de l’histoire avec onze essais, sept pour la Nouvelle-Zélande et quatre des Anglaises, les Bleues ont un regard plutôt désenchanté. A la mi-temps, les coachs français avouent nourrir des regrets sur le match contre les Red Roses. Du côté des supporteurs, l’ambiance est tout autre. Le stade aux 18 000 places est presque plein. Il s’enflamme quand les équipes se répondent coup pour coup en deuxième mi-temps. Les Black Ferns poussent les Britanniques à bout. Victoire 41-32. La capitaine emblématique de la Nouvelle-Zélande (52 sélections depuis 2002), Fiao'o Fa'amausili, soulève sa 4e coupe du monde. Les Bleues, médaille de bronze autour du cou, regardent la scène à distance. Tous voient des solutions différentes pour espérer un jour être à leur place ou au moins à celle de l’Angleterre. Si certaines jeunes joueuses veulent tendre vers le professionnalisme, Annick Hayraud n’en veut pas si c’est pour voir des joueuses rémunérées “à 1500 euros”. Elle trouve le double projet “plus intéressant”, permettant d’avoir un plan B en cas de blessure. Elle a le système anglo-saxon comme exemple. C’est-à-dire mettre en place un championnat national avec des club plus structurés au niveau du staff et des infrastructures. Samuel Cherouk, lui, propose de créer des ponts entre les club et les universités pour piocher dans “ce vivier.” La responsable du rugby féminin français souhaite aussi mettre tout le monde “autour d’une table et trouver un juste équilibre” En attendant un plan des instances dirigeantes, la France reste clouée à la troisième place avec toujours la même ambition de décrocher, un jour, le titre de championne du monde. M.P. (les intertitres sont de la rédaction)

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Rugby

COUPE DU MONDE: UNE HISTOIRE IRLANDAISE (2/2)

Maia Pavlenko à Belfast pour Sportiva / Photo: WorldRugby

RUGBY A XV. ‏L’histoire du XV de France en Coupe du Monde, c’est d’abord celle d’un destin qui se répète à chaque édition. Les joueuses et les staffs changent, mais les résultats restent les mêmes depuis le prem mondial en 1991. Sept demi-finales jouées, toutes perdues pour un seul faux pas, en 1998, sur la route du dernier carré. Pour cette édition 2017, la France termine une nouvelle fois en bronze. Comme en 1991,1994, 2002, 2006 et 2014. Sportiva-Infos était à Dublin et Belfast pour suivre cette histoire irlandaise du XV de France en Coupe du Monde. 2e livraison de la saga des Bleues où l'on voit que les sujets de crispation apparaîssent vite, que les relations avec la presse ne sont pas maîtrisées et que le nouveau staff s'interroge encore comme si tout venait de commencer... Récit. (Article de 5700 (...)

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