SPORTIVA

Le sport au féminin

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    • 2017-09-04 00:00:00
    • MANON COSTARD, TAILLE PATRONNE
    • Ski nautique
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    • SKI NAUTIQUE. Comme l’ensemble de ses comparses de l’équipe de France de ski nautique, la Tricolore sera une candidate au podium des championnats du monde qui se déroulent du 3 au 10 septembre, à Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne. Présentation de l’une des grandes possibilités de médaille française. (Article de 4 200 signes) . Petit rappel pour les néophytes: le ski nautique, c’est un triptyque à la carte. En l’occurrence, le saut, les figures, le slalom et, forcément, le combiné, compilation des performances dans les trois épreuves. Seulement voilà, l’heure est la spécialisation, business oblige. En effet, le combiné n’est guère rémunérateur en termes de prize money quand le saut, par essence spectaculaire, et le slalom, discipline la plus courue, sont les plus cotés. En outre, les figures n’échappent pas toujours aux éternelles controverses des sports à notation qui voient ressurgir la triste antienne de l’impartialité douteuse des juges. Surtout, au très haut niveau international, il est quasiment impossible de s’entraîner en espérant être performant dans les trois secteurs. Alors, il faut bien choisir. «Un style de vie qui pourrait faire envie» Manon Costard n’échappe pas à la règle, elle qui a opté pour le slalom dont elle est championne d’Europe en titre. Sa capacité à passer les bouées lui permet tout juste de vivre de son art à l’image des meilleur(e)s du circuit. Dotation des sponsors, gains en compétition et défraiements versés par la Fédération lui assurent ses fins de mois sans pour autant lui autoriser de folies. Elle a chaussé pour la première fois des skis à… trois ans sur le lac de Serre-Ponçon, histoire de faire comme son père, adepte de la chose. Ce fut le coup de foudre pour une activité qui demeure, quoi que l’on en dise, assez confidentielle et cataloguée comme étant réservée à des nantis, a fortiori quand ils s’inscrivent dans une démarche de performance qui nécessite un matériel onéreux. Une course à l’échalote que la Française déplore tout comme le fait que le ski nautique ne soit pas, à ses yeux, valorisé pour ce qu’il est: «Bien sûr, cela faciliterait les choses si nous étions au programme des Jeux olympiques mais nous pourrions déjà faire beaucoup mieux avec ce que l’on a, en particulier en matière de communication. Je suis persuadée qu’il y a un énorme potentiel. Le ski nautique, c’est d’abord des images qui sont superbes mais aussi un sport très familial, doublé d’un style de vie qui pourrait faire envie s’il était mieux montré.»Bref, il y a encore du chemin à faire: «J’espère qu’il y aura du monde pour assister à ces championnats en France et que cela fera parler de nous. J’ai du mal à y croire mais j’en rêve.» (voir note) Continuer à mener de front le double projet On l’aura deviné, à vingt-six printemps la demoiselle a une tête bien faite. Après un bac décroché en sport-études au Creps de Boulouris, elle s’est démenée toute seule et a dégoté deux universités américaines, d’abord en Floride puis en Louisiane, pour y obtenir un bachelor puis un master de management. Le deal était clair: défendre leurs couleurs sur l’eau en échange de conditions d’entraînement idoines et de l’octroi de bourses pour acquitter les frais de scolarité. Aujourd’hui, la sociétaire du Lacanau Ski Club poursuit son cursus et suit les cours en ligne de l’école IONISx avec, à l’horizon 2018, la perspective de décrocher un master en marketing digital. L’idée serait ensuite de concilier vraie vie sur le marché du travail et vie rêvée sur les flots. En somme, de continuer à mener de front son double projet, sportif et professionnel, au service d’une pratique en quête de démocratisation et de maturation. A.T. Note : Moins vite, moins haut, moins fortes Sur le plan technique autant qu’en termes de spectacle, le ski nautique au féminin se décline de la même manière que chez les garçons avec seulement quelques modulations: la vitesse du bateau est inférieure de quelques hm/h tandis que le tremplin est légèrement moins haut. «Sur le plan physique, on est un peu en-dessous des hommes, précise également Manon Costard. Nous pâtissons d’un déficit d’allonge ce qui, en slalom, ne nous permet pas de prendre autant d’angle pour aller chercher les bouées. De même, nous sommes moins puissantes musculairement pour résister à la traction du bateau, avoir une impulsion identique au saut ou enchaîner aussi rapidement les figures.»

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Ski nautique

MANON COSTARD, TAILLE PATRONNE

Texte: Alexandre Terrini / Photo DR

SKI NAUTIQUE. Comme l’ensemble de ses comparses de l’équipe de France de ski nautique, la Tricolore sera une candidate au podium des championnats du monde qui se déroulent du 3 au 10 septembre, à Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne. Présentation de l’une des grandes possibilités de médaille française. (Article de 4 200 signes) .

Petit rappel pour les néophytes: le ski nautique, c’est un triptyque à la carte. En l’occurrence, le saut, les figures, le slalom et, forcément, le combiné, compilation des performances dans les trois épreuves. Seulement voilà, l’heure est la spécialisation, business oblige. En effet, le combiné n’est guère rémunérateur en termes de prize money quand le saut, par essence spectaculaire, et le slalom, discipline la plus courue, sont les plus cotés. En outre, les (...)

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