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Le sport au féminin

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    • 2017-12-02 00:00:00
    • UN (BON) CHAMPIONNAT DOMESTIQUE POUR CONQUÉRIR LE MONDE
    • Handball
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    • HAND. L’élite de la discipline ne souffre guère de la comparaison d’avec les autres grands championnats européens, même si les différences de moyens mis en oeuvre ont une influence, dès qu’on sort de l’Hexagone pour disputer les compétitions internationales Décryptage d’une mutation domestique réussie qui permet aussi à l’équipe de France de tenir son rang alors que se joue le Championnat du monde (voir note) en Allemagne (01-17 décembre (Article de 4 240 signe en accès libre) . «Le championnat de France est un très bon championnat, assure Thierry Wiezman, Président de Metz Handball. Le fait que deux clubs tricolores (Metz et Brest, cette saison, Ndlr) disputent la Ligue des Champions atteste que la France est bien classée sur le plan européen. Les équipes françaises ont largement le niveau de cette compétition.» Vrai puisque Metz a été quart de finaliste de l’épreuve il y a quelques mois, seulement éliminée par l’épouvantail hongrois, Györi Audi ETO KC, futur vainqueur du trophée. Faux, du moins partiellement, car nos représentants ne parviennent pas à se qualifier pour le Final Four de la prestigieuse compétition. Pourquoi? Parce que le nerf de la guerre fait encore quelque peu défaut. Ainsi, Metz affiche un budget de 2,5 millions d’euros et Brest de 4 millions, bien loin des grosses cylindrées continentales qui caracolent en tête avec six ou sept millions d’euros. «Cela leur permet de recruter les meilleures mondiales mais pas seulement, explique Thierry Wiezman. Cela impacte aussi d’autres aspects, par exemple, le mode de déplacement. Il nous arrive de partir la veille du match et de voyager en bus pour aller à l’étranger quand d’autres affrètent un avionet arrivent deux ou trois jours avant afin de pouvoir s’entraîner sur place. Ce qui, en matière de fatigue et de récupération, n’est pas neutre.» De même, Metz Handball compte dans ses rangs onze professionnelles alors que les cadors du Vieux Continent s’appuient sur des groupes élargis d’une vingtaine de pros. Ce qui permet, évidemment, de faire davantage tourner pour ménager les organismes mais aussi de palier plus facilement les blessures. Les Françaises au niveau Par-delà ces satanés facteurs de la performance qui ne sont pas toujours pleinement réunis, le championnat national constitue une belle et crédible vitrine. D’abord parce qu’avec un maximum de cinq étrangères est autorisé sur la feuille de match, les instances ayant su préserver un équilibre crucial qui permet aux jeunes françaises d’arriver à maturité puis d’éclore. «A Metz, nous privilégiions les joueuses françaises et nous misons sur la formation car c’est plus facile pour l’entraîneur. De surcroît, le public s’identifie davantage à une équipe dont l’ossature est française. En outre, à niveau égal, les étrangères sont souvent plus chères que les Françaises. Nous comblons simplement les postes que nous n’arrivons pas à pourvoir en recrutant des étrangères de très haut niveau.» Et d’enfoncer le clou: «Jusqu’à présent, on avait l’impression qu’il fallait avoir des stars étrangères pour pouvoir exister en coupe d’Europe. Or, l’équipe de France est vice-championne olympique et médaillée de bronze à l’Euro. On peut donc estimer que les Françaises sont capables de rivaliser avec les étrangères et qu’elles ont largement le niveau.» Résultat? «Les choses vont vraiment dans le bon sens tant en ce qui concerne le niveau de jeu que celui des joueuses, se félicite Raphaëlle Tervel, championne du monde 2003, double vainqueur de la Ligue des champions avec… Györ et actuellement entraîneure de Besançon. Il y a un bon nombre de grands noms, d’internationales françaises et étrangères, avec un gros palmarès, qui évoluent en D1.» On pense, pour ne citer qu’elle, à la demi-centre Stine Bredal Oftedal, triple championne d’Europe et double championne du monde avec la Norvège, qui portait, la saison dernière encore, les couleurs d’Issy Paris Hand. «Ce qui explique que depuis maintenant un certain moment, le championnat est très dense et serré, ajoute la technicienne franc-comtoise. Chaque match est un vrai combat et l’on ne peut jamais dire à l’avance que l’on va gagner car tout peut arriver.» Un constat d’autant plus flatteur que l’élite est passée de dix à douze pensionnaires (lire note). L’homogénéité qui a cours sur les parquets de l’Hexagone fait de la Ligue féminine de handball (LFH) un championnat qui n’a pas à rougir face à ses alter ego allemand, danois et même hongrois, ce dernier étant bien davantage à deux vitesses. «On ne s’entraîne pas forcément plus mais on s’entraîne mieux» Mieux, les clubs tricolores ont fait leur mue en prenant la mesure de ce nivellement par le haut. «Ils travaillent beaucoup et commencent à se structurer en conformité avec le cahier des charges de la Ligue, en particulier en ce qui concerne les salles, assure Raphaëlle Tervel. Et puis, si l’on ne s’entraîne pas forcément plus, on s’entraîne mieux. Il n’y a qu’à regarder l’évolution des staffs. Auparavant, il y avait un entraîneur qui faisait tout. À présent, il est épaulé par un préparateur physique, une vidéoman et, parfois, par un préparateur mental.» Et, dans les gradins, le public est au rendez-vous. «Parce que le spectacle est attractif et intéressant, insiste Thierry Wiezman. Les équipes ont adopté un style de jeu moderne basé sur la défense et la remontée de balle, ce qui permet aux gens de voir du jeu rapide, notamment des contre-attaques mais aussi de beaux combats en défense. En revanche, il y a forcément moins d’attaques placées.» Autre atout qui motive cet engouement, «nos valeurs, notamment le partage, affirme Raphaëlle Tervel. Les filles sont sympas et accessibles. À la fin du match, elles discutent volontiers avec les partenaires, bénévoles et le public. Il y a une réelle proximité qu’il n’y a peut-être pas dans d’autres sports.» A.T. >Notes: -le calendrier mondialiste des Bleues : France vs Slovénie le 02/12 / France vs Angola le 03 / France vs Paraguay le 05 / France vs Espagne le 07 / France vs Roumanie le 08. Puis : 1/8 du 09 au 12 / 1/4 du 12 au 13 / 1/2 le 15 / finale le 17 -les 12 clubs de LFH pour la saison 2017-2018 : Besançon, Bourg-de-Péage, Brest, Chambray, Dijon, Fleury Loiret, Issy Paris, Le Havre, Metz, Nantes, Nice, Toulon St Cyr.

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Handball

UN (BON) CHAMPIONNAT DOMESTIQUE POUR CONQUÉRIR LE MONDE

Texte : Alexandre Terrini / Photo : JC-Sportiva

HAND. L’élite de la discipline ne souffre guère de la comparaison d’avec les autres grands championnats européens, même si les différences de moyens mis en oeuvre ont une influence, dès qu’on sort de l’Hexagone pour disputer les compétitions internationales Décryptage d’une mutation domestique réussie qui permet aussi à l’équipe de France de tenir son rang alors que se joue le Championnat du monde (voir note) en Allemagne (01-17 décembre (Article de 4 240 signe en accès libre) .

«Le championnat de France est un très bon championnat, assure Thierry Wiezman, Président de Metz Handball. Le fait que deux clubs tricolores (Metz et Brest, cette saison, Ndlr) disputent la Ligue des Champions atteste que la France est bien classée sur le plan européen. Les équipes françaises ont largement le niveau de cette compétition.» Vrai puisque Metz a été quart de finaliste de l’épreuve il y a quelques mois, seulement éliminée par l’épouvantail hongrois, Györi Audi ETO KC, futur vainqueur du trophée. Faux, du moins partiellement, car nos représentants ne parviennent pas à se qualifier pour le Final Four de la prestigieuse compétition.

Pourquoi? Parce que le nerf de la guerre fait encore quelque peu défaut. Ainsi, Metz affiche un budget de 2,5 millions d’euros et Brest de 4 millions, bien loin des grosses cylindrées continentales qui caracolent en tête avec six ou sept millions d’euros. «Cela leur permet de recruter les meilleures mondiales mais pas seulement, explique Thierry Wiezman. Cela impacte aussi d’autres aspects, par exemple, le mode de déplacement. Il nous arrive de partir la veille du match et de voyager en bus pour aller à l’étranger quand d’autres affrètent un avionet arrivent deux ou trois jours avant afin de pouvoir s’entraîner sur place. Ce qui, en matière de fatigue et de récupération, n’est pas neutre.» De même, Metz Handball compte dans ses rangs onze professionnelles alors que les cadors du Vieux Continent s’appuient sur des groupes élargis d’une vingtaine de pros. Ce qui permet, évidemment, de faire davantage tourner pour ménager les organismes mais aussi de palier plus facilement les blessures.

Les Françaises au niveau

Par-delà ces satanés facteurs de la performance qui ne sont pas toujours pleinement réunis, le championnat national constitue une belle et crédible vitrine. D’abord parce qu’avec un maximum de cinq étrangères est autorisé sur la feuille de match, les instances ayant su préserver un équilibre crucial qui permet aux jeunes françaises d’arriver à maturité puis d’éclore. «A Metz, nous privilégiions les joueuses françaises et nous misons sur la formation car c’est plus facile pour l’entraîneur. De surcroît, le public s’identifie davantage à une équipe dont l’ossature est française. En outre, à niveau égal, les étrangères sont souvent plus chères que les Françaises. Nous comblons simplement les postes que nous n’arrivons pas à pourvoir en recrutant des étrangères de très haut niveau.» Et d’enfoncer le clou: «Jusqu’à présent, on avait l’impression qu’il fallait avoir des stars étrangères pour pouvoir exister en coupe d’Europe. Or, l’équipe de France est vice-championne olympique et médaillée de bronze à l’Euro. On peut donc estimer que les Françaises sont capables de rivaliser avec les étrangères et qu’elles ont largement le niveau.»

Résultat? «Les choses vont vraiment dans le bon sens tant en ce qui concerne le niveau de jeu que celui des joueuses, se félicite Raphaëlle Tervel, championne du monde 2003, double vainqueur de la Ligue des champions avec… Györ et actuellement entraîneure de Besançon. Il y a un bon nombre de grands noms, d’internationales françaises et étrangères, avec un gros palmarès, qui évoluent en D1.» On pense, pour ne citer qu’elle, à la demi-centre Stine Bredal Oftedal, triple championne d’Europe et double championne du monde avec la Norvège, qui portait, la saison dernière encore, les couleurs d’Issy Paris Hand. «Ce qui explique que depuis maintenant un certain moment, le championnat est très dense et serré, ajoute la technicienne franc-comtoise. Chaque match est un vrai combat et l’on ne peut jamais dire à l’avance que l’on va gagner car tout peut arriver.» Un constat d’autant plus flatteur que l’élite est passée de dix à douze pensionnaires (lire note). L’homogénéité qui a cours sur les parquets de l’Hexagone fait de la Ligue féminine de handball (LFH) un championnat qui n’a pas à rougir face à ses alter ego allemand, danois et même hongrois, ce dernier étant bien davantage à deux vitesses.

«On ne s’entraîne pas forcément plus mais on s’entraîne mieux»

Mieux, les clubs tricolores ont fait leur mue en prenant la mesure de ce nivellement par le haut. «Ils travaillent beaucoup et commencent à se structurer en conformité avec le cahier des charges de la Ligue, en particulier en ce qui concerne les salles, assure Raphaëlle Tervel. Et puis, si l’on ne s’entraîne pas forcément plus, on s’entraîne mieux. Il n’y a qu’à regarder l’évolution des staffs. Auparavant, il y avait un entraîneur qui faisait tout. À présent, il est épaulé par un préparateur physique, une vidéoman et, parfois, par un préparateur mental.»

Et, dans les gradins, le public est au rendez-vous. «Parce que le spectacle est attractif et intéressant, insiste Thierry Wiezman. Les équipes ont adopté un style de jeu moderne basé sur la défense et la remontée de balle, ce qui permet aux gens de voir du jeu rapide, notamment des contre-attaques mais aussi de beaux combats en défense. En revanche, il y a forcément moins d’attaques placées.» Autre atout qui motive cet engouement, «nos valeurs, notamment le partage, affirme Raphaëlle Tervel. Les filles sont sympas et accessibles. À la fin du match, elles discutent volontiers avec les partenaires, bénévoles et le public. Il y a une réelle proximité qu’il n’y a peut-être pas dans d’autres sports.»

A.T.

>Notes:
-le calendrier mondialiste des Bleues : France vs Slovénie le 02/12 / France vs Angola le 03 / France vs Paraguay le 05 / France vs Espagne le 07 / France vs Roumanie le 08. Puis : 1/8 du 09 au 12 / 1/4 du 12 au 13 / 1/2 le 15 / finale le 17
-les 12 clubs de LFH pour la saison 2017-2018 : Besançon, Bourg-de-Péage, Brest, Chambray, Dijon, Fleury Loiret, Issy Paris, Le Havre, Metz, Nantes, Nice, Toulon St Cyr.

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