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Le sport au féminin

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    • 2018-07-14 00:00:00
    • Auriane Mallo ne veut plus de coups d’épée dans l’eau
    • Escrime
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    • ESCRIME. A vingt-cinq printemps, la sociétaire du Cercle d’escrime de Saint-Gratien aspire à concrétiser un potentiel que nul ne lui conteste en ne repartant pas bredouille des championnats du monde qui se déroulent en Chine, à Wuxi, du 19 au 27 juillet.. (Article de 3 900 signes en accès libre). Les vocations sous souvent affaire de famille et de hasard. Une mère qui cherche une activité physique pour son fiston et voilà la grande sœur embringuée dans l’histoire. Au départ, Auriane Mallo ne voulait pas s’adonner à ce «sport de garçons» avant de s’y essayer fortuitement à l’école et, finalement, de se laisser séduire à huit ans. «Ce qui était sympa, raconte-t-elle, c’est que c’était un jeu. Et puis, chez moi, nous avons toujours eu l’esprit de compétition. Il fallait gagner.» «Admettre de ne pas avoir tout tout de suite» La Lyonnaise, qui débuta ses humanités au célèbre club du Masque de fer, dans le Cité des Gones, s’y employa avec une appréciable constance, de surcroît dans un style que son physique longiligne dicta: tout en fluidité et en technique. Sur la piste, la demoiselle n’est pas du genre à jouer les bulldozers. «Je pense qu’il y a des escrimeuses plus laides que moi à regarder, sourit-elle avec une humilité pas de façade. La puissance n’est pas ma qualité première.» Très vite, la Rhodanienne tira le meilleur parti de son gabarit à l’épée, discipline la moins codifiée de l’escrime où l’imprévu et l’incertitude sont les plus importants dans la mesure où il est autorisé de toucher toutes les parties du corps et que cette arme dite non conventionnelle n’est pas assujettie à des règles de priorité. L’adolescente doit son éclosion à un maître d’arme aux allures de mentor, Rémy Delhomme, champion du monde par équipes et d’Europe individuel en 1999: «Très jeune, il m’a beaucoup appris sur le plan technico-tactique. J’ai donc été rapidement amenée à réfléchir. Moi, ça a vite collé. Je me suis identifié à cette vision de l’escrime. C’est grâce à ça que je suis aujourd’hui en équipe de France.» Quitte à apprendre à ronger son frein sans perdre ses moyens: «Quand j’étais petite, je n’étais pas du tout patiente. Je perdais face à des filles qui ne faisaient rien. Je ne comprenais pas ce mode de fonctionnement car, pour moi, c’était de l’antijeu dans la mesure où l’escrime est un sport de combat. Cela a été dur d’accepter de devoir prendre mon temps pour attendre le moment opportun et de comprendre que je ne pouvais pas gagner tous mes assauts en trois minutes. Moi, je suis assez fonceuse et je veux que ça roule. Aujourd’hui encore, admettre de ne pas avoir tout tout de suite est un combat de tous les jours…» Au lendemain des Jeux de Londres, en 2012, et une fois le bac en poche, la Française a intégré le pôle France de l’Insep (Institut national du sport de l’expertise et de la Performance) où, non contente d’avoir sérieusement progressé, elle a également décroché son diplôme de masseur kinésithérapeute. Au cœur du bois de Vincennes, le tableau de marche a été ascendant avec des podiums internationaux à la pelle: championne d’Europe et vice-championne du monde junior en 2013, double champion d’Europe par équipes senior en 2017 et 2018 après avoir été argentée en 2016. Sans compter un seizième de finale en individuels et une septième place avec les copines aux JO de Rio en 2016. «J’ai franchi un cap en individuels» Comme souvent dans ce sport, la transition entre les jeunes et les grandes n’a pas été simple: «Il y a un monde entre les deux. En juniors, quand on est forte, on s’impose plus facilement car, en face, les filles ont un peu peur. En revanche, en seniors, tout le monde est fort. J’ai vraiment compris que c’est le travail qui compte et qu’il ne faut pas s’arrêter au premier obstacle que l’on rencontre. Heureusement, à l’épée, tout est possible et la hiérarchie y est donc moins établie qu’au fleuret et au sabre. Et puis c’est la spécialité où l’expérience est la plus primordiale. La maturité vient souvent vers vingt-sept, vingt-huit ans.» Bref, le chemin est encore long et implique de façonner sans cesse la machine pour gagner en explosivité et en force mais aussi, au niveau mental, en sérénité, en concentration et en invulnérabilité psychologique quel que soit le scénario d’un assaut. La gauchère tricolore est sur la bonne voie puisqu’en mai dernier, elle a terminé troisième du Grand Prix de Cali après avoir notamment dominé la Chinoise Sun Yiwen, troisième mondiale. «Je pense avoir le potentiel pour être médaillée aux Mondiaux, assure-t-elle. Je sais que j’en suis capable. Les Françaises font plus peur qu’auparavant. En outre, à titre personnel, j’ai franchi un cap en individuels car j’ai réussi à me prouver que je peux être aussi forte que par équipes.» Et de la Chine au Japon, il n’y a qu’un - grand - pas. Auriane Mallo rêve, bien sûr, d’un destin olympique dès 2020 à Tokyo dont l’apothéose aurait pour théâtre la verrière du Grand Palais, en 2024, à Paris… A.T. >L’équipe de France épée a été sacrée Championne d'Europe à Novi Sad le 21 juin dernier lors des championnats continentaux. Auriane Mallo et ses co-équipières Marie-Florence Candassamy, Coraline Vitalis, et Laurence Epée ont battu en finale les Polonaises 41 touches à 40.

ACTUALITES

Escrime

Auriane Mallo ne veut plus de coups d’épée dans l’eau

Texte : Alexandre Terrini / Visuel : montage Sportiva

ESCRIME. A vingt-cinq printemps, la sociétaire du Cercle d’escrime de Saint-Gratien aspire à concrétiser un potentiel que nul ne lui conteste en ne repartant pas bredouille des championnats du monde qui se déroulent en Chine, à Wuxi, du 19 au 27 juillet.. (Article de 3 900 signes en accès libre).

Les vocations sous souvent affaire de famille et de hasard. Une mère qui cherche une activité physique pour son fiston et voilà la grande sœur embringuée dans l’histoire. Au départ, Auriane Mallo ne voulait pas s’adonner à ce «sport de garçons» avant de s’y essayer fortuitement à l’école et, finalement, de se laisser séduire à huit ans. «Ce qui était sympa, raconte-t-elle, c’est que c’était un jeu. Et puis, chez moi, nous avons toujours eu l’esprit de compétition. Il fallait gagner.»

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