SPORTIVA

Le sport au féminin

ÉDITO | LE SURRÉGIME PERMANENT DE LA FFF

Dimanche 6 août. L’équipe de France de foot s’est pris les pieds dans le tapis de ses ambitions. L’élimination de l’Euro, sans gloire, sans saveur, mais avec un délice de langue de bois à tous les étages, pose plusieurs problèmes. Le premier c’est que quand on annonce des objectifs et qu’ils ne sont pas atteints, il ne se passe rien. Le président de la 3F voulait au moins une présence dans le dernier carré. Avec le secret espoir d’une victoire finale, mais il est toujours diplomatique d’afficher de telles ambitions. Éliminées par l’Angleterre les Bleues, non seulement n’ont pas atteint l’objectif officiel, mais, qui plus est, rien dans leur campagne ne sauve cette sortie prématurée : pas de jeu, pas d’émotion. Rien, si ce n’est l’ennui cathodique. On poursuit pourtant avec le même entraîneur, en situation difficile et qui déclare «…ce n’est pas forcément un échec….»

La grande maison du football n’aime sans doute pas les coups de pied dans la fourmilière. Mais en créant les conditions d’une forte attente, entretenue, par une com’ agressive, permanente et surjouée, elle installe l’idée d’une grande équipe de France. Sans injurier l’avenir, et donc la Coupe du monde 2019, il faut pourtant reconnaître que la décennie actuelle nous offre une équipe qui n’a rien gagné et qui continue à ne rien gagner, seulement auteure de temps en temps d’un bon match.

Difficile de ne pas être critique avec cette façon de faire paraître de la part de la fédération. Difficile de ne pas être circonspect devant les relais bienveillants que l’on trouve aussi dans l’opinion publique. Le tweet de la ministre des sports après l’élimination des Bleues est d’ailleurs significatif de cette mansuétude érigée en système : «Solidaire avec nos Bleues, dont le parcours s'achève ce soir. Bonne continuation à l'Angleterre…» Solidaire de quoi ? De l’échec ? De l’incapacité à produire du jeu ? De l’absence de force mentale ?

Les problème du foot féminin est sans doute qu’il s’agit de foot. La fédération la plus importante (et de loin) de France, ne peut pas passer à côté de la montée en puissance de la pratique féminine. Ce que la 3F a pourtant fait avec une grande constance et une grande réussite, puisque le % des licenciées de cette fédération est l’un des plus faibles de France alors que c’est celle qui a le plus de moyens. Quand on se glorifie de parvenir à 130 000 licenciées alors que l’on compte plus de 2 millions de licenciés, c’est avouer au grand jour, l’absence de politique et de vision qui a présidé à cette fédération. Du coup la situation est claire : l’on se bat tous azimuts pour montrer que l’on exige, que l’on travaille, que l’on avance, que l’on féminise. La FFF n’en reste pas moins à largement - de 10% de licenciées. Un échec total, jamais sanctionné par les ministères de tutelle, jamais avoué, jamais assumé….

Reste en fait pour la fédération qui est un état dans l’état, à jouer à fond la carte de la com’, appuyée en cela par les institutions les plus officielles. Un modèle de surrégime médiatique, pour tromper le vide. Tout ce montage et ce brassage d’air se fait au détriment, notons-le au passage, de tous les autres sports co qui ont, eux, depuis des années des résultats probants : rugby à XV, basket, rink hockey, hand, cricket… Entre le politiquement correct auquel est obligé de se conformer la 3F et l’absence de résultats de sa vitrine, pas question de tenir la langage de la vérité. Pas un mot officiel donc sur la pauvreté de l’équipe majeure, la disette de résultats qui accompagne ses sorties. Et ça ne risque pas de changer avec un long, très long tunnel de 2 ans de matches amicaux avant la Coupe du monde… Sportiva.