SPORTIVA

Le sport au féminin

ÉDITO | DIACRE-CHEROUK DESTINS DÉCROISÉS

Lundi 11 septembre. La nomination de Corinne Diacre à la tête de la sélection féminine de football a surpris et pris de court. Il y avait pourtant une logique. Les Bleues sortaient d’un championnat d’Europe épouvantable au niveau du jeu, des résultats (élimination précoce en 1/4 de finale contre l’Angleterre alors que le dernier carré était l’objectif voulu par le président de la 3F) et des stats (indigentes avec une disette de buts préoccupante). Le sélectionneur en place, Olivier Echouafni, qui bouclait un exercice d’un an tout entier tourné vers le rendez-vous européen, était dès lors forcément fragilisé. Il l’était d’autant plus que la France organisant la coupe du monde 2019, la représentation féminine nationale ne pouvait s’égarer encore et perdre du temps à chercher son style, un souffle, des résultats et au bout du compte un soutien populaire : une vitrine (qui n’a toujours aucune ligne à son palmarès) et qui continue à bégayer, ce n’était donc pas compatible avec un rendez-vous planétaire et la nécessité d’être vraiment protagoniste. Exit Olivier Echouafni et arrivée de Corinne Diacre qui connaît bien la maison pour avoir été d’abord capitaine des Bleues puis adjointe de Bruno Bini; qui connaît bien aussi les ressorts du foot pour avoir entraîné durant près de trois saisons les pros de Clermont évoluant en Ligue 2. Elle endosse donc le costume de patronne de l’équipe de France sans transition et se retrouve dès cette mi-septembre, quelques jours après sa nomination, à coacher des Bleues qui reçoivent coup sur coup (en amical), le Chili (le 15 septembre à Caen) et l’Espagne (le 18 septembre à Calais).

La nomination de Samuel Chérouk à la tête de le sélection féminine de rugby en décembre dernier a également surpris et pris de court. Sans que, à la différence de Corinne Diacre, l’on sente une logique implacable… Il faut dire que la situation était totalement inverse. L’équipe de France de rugby à XV fonctionnait plutôt bien, les résultats étaient là avec une victoire dans le Tournoi des VI Nations (où évoluaient les championnes du monde anglaises) et un staff qui tissait patiemment et méthodiquement sa trame vers la Coupe du monde qui vient de se disputer en Irlande. Mais Jean-Michel Gonzalez et Philippe Laurent ont pourtant été débarqué et le navire bleu a vogué vers le mondial dans les remous d’un changement violent et avec 7 mois de préparation selon les critères du nouveau staff. Les résultats sportifs n’ont pas pour autant évoluer : promenade en phase de poule, défaite en demi-finale contre les Anglaises et victoire pour la 3e place. Soit le lot de la France depuis toujours puisque les Bleues du rugby n’ont jamais fait mieux que cette troisième place, qu’elles squattent avec constance (4 fois déjà). Il n’empêche que l’on ne comprend pas la brutalité de ce changement suivi d’aucun effet nouveau.

La différence avec le management de la maison ronde saute aux yeux. Au foot, on affiche des critères, on fixe des objectifs et on réagit à une situation difficile. Au rugby, on fixe systématiquement l'objectif le plus haut, mais on se plaît à faire des marches arrières quand tout va bien. Comprenne qui pourra... Sportiva.